- L’ex-auxiliaire puéricultrice a été condamnée ce vendredi à 30 ans de réclusion criminelle.
- La justice a estimé que la trentenaire avait « donné volontairement la mort » à la petite Lisa en juin 2022.
La fin de trois jours d’audience éprouvants. Dix mois après sa première condamnation, Myriam Jaouen a écopé ce vendredi en appel de 30 ans de réclusion criminelle pour avoir tué la petite Lisa en 2022. La cour d’assises de l’Ain a ainsi estimé que l’ancienne auxiliaire puéricultrice a « donné volontairement la mort »
au bébé de 11 mois.
Début avril 2025, la jeune femme avait déjà été condamnée (nouvelle fenêtre) en première instance pour « torture ou actes de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».
Les jurés avaient en revanche écarté la qualification de meurtre, telle que requise par l’avocat général Baptiste Godreau et qui implique l’intention de donner la mort. Il avait notamment estimé que l’accusée avait agi « en parfaite conscience »
et « lâchement retiré la vie à une enfant sans défense »
.
Intention de donner la mort
« Je vous demande de la déclarer coupable du crime de meurtre, elle a consciemment tué avec un produit toxique létal, l’administrant directement dans la bouche d’une enfant de 11 mois »
, a cette fois-ci argué Baptiste Godreau.
L’affaire remonte au 22 juin 2022 : ce jour-là (nouvelle fenêtre), le papa de la petite Lisa, âgée de 11 mois, la dépose à la microcrèche Danton Rêve, à Lyon. Alors qu’elle se met à pleurer, Myriam Jaouen lui fait ingérer une dose « massive »
d’un produit à base d’acide sulfurique de type Destop. La fillette décèdera quelques heures plus tard, au bout de quatre heures de souffrance « extrême »
, selon un médecin interrogé à la barre.
Elle a consciemment tué avec un produit toxique létal
Elle a consciemment tué avec un produit toxique létal
Baptiste Godreau, avocat général
Tout au long du procès, les enquêteurs ont également mis en lumière les mensonges répétés (nouvelle fenêtre) de l’ancienne employée. Immédiatement après les faits, la jeune femme a notamment cherché sur Internet « que faire quand un enfant a mangé un déboucheur pour toilette »
. Elle avait également nettoyé le vomi au sol, changé les vêtements de la petite Lisa et fait tourner la machine. À l’arrivée des autres parents, elle élabore également un mensonge, en leur affirmant qu’un tube de gouache aurait explosé et que ses projections auraient atteint la bouche du bébé, avant d’en répandre sur son pantalon pour accréditer sa version.
À la barre ce vendredi, Myriam Jaouen a tenu à présenter ses excuses aux parents de la fillette. « Je veux m’excuser auprès de la famille, tous les jours je pense à Lisa »
, a-t-elle notamment soufflé, alors que les différentes expertises psychiatriques l’ont décrite comme « immature »
, « modérément »
déficiente intellectuellement, mais « sans maladie mentale avérée »
, qui aurait pu engendrer une altération de son discernement au moment des faits.












