RFI : Comment vous sentez-vous après ces grands débuts tant attendus avec les Eléphants ?
Pacôme Dadiet : Je me sens plutôt bien ! Deux victoires en trois matchs pour mes début en équipe nationale, ça reste positif. Et j’ai pu voir comment se jouait le basket en Afrique, c’est un peu différent, c’était cool !
L’adaptation s’est bien passée ?
Plutôt bien aussi ! C’est sûr que c’est très physique. Dans le basket et dans la façon dont c’est arbitré aussi. Ce n’était pas vraiment une surprise parce que je savais que le basket africain était comme ça, mais c’est toujours mieux d’en faire l’expérience en personne.
Et votre arrivée dans le groupe ? Vous connaissiez certains visages, dont celui de votre frère bien sûr, Maxence Dadiet. Pour le reste, l’intégration a été facile ?
Oui, très. Il y avait des gars que je connaissais un peu par mon frère, et j’avais pu parler à quelques-uns quand j’étais venu voir des matchs. L’ambiance était super. L’ambiance ivoirienne, je la connais, je l’aime bien.
Le bilan est plutôt bon : deux victoires avant cette défaite contre le champion d’Afrique, l’Angola. Il reste trois matchs à jouer en février : l’objectif Coupe du Monde n’est pas loin ?
Il faudra faire trois victoires pour ne pas laisser la place au doute, mais c’est bien parti. Ce sera compliqué pour moi de jouer la prochaine fenêtre, c’est pendant la saison NBA. Mais pour la Coupe du Monde, je suis très excité.
Cette dernière fenêtre se jouera à Abidjan. C’est un regret de ne pas être là ?
Oui, franchement c’est dommage. J’aurais vraiment aimé être là !
J’ai envie d’apporter mon expérience
Cette fois c’était à Dakar, avec quelques supporters ivoiriens malgré tout. Vous avez été bien accueilli ? Peut-être un peu scruté de par votre statut de champion NBA ?
J’ai senti un accueil chaleureux, je m’y attendais un peu. La Côte d’Ivoire est connue pour avoir des bons supporters, on le voit dans le foot et dans tous les sports. C’était très chaleureux, ça m’a boosté pour les matchs. J’étais déjà fier, mais ça m’a donné un vrai sentiment d’appartenance, ça m’a fait plaisir.
Comment vous avez abordé ce rassemblement ? Dans la peau d’un nouveau qui arrive pour apprendre ? Ou dans celle d’un joueur qui a l’expérience du plus haut niveau et qui peut la diffuser dans son équipe ?
Je pense que c’est un peu des deux. J’ai envie d’apporter mon expérience, cette année j’ai vu ce que ça coûtait d’être champion en NBA. Mais je veux aussi être à l’écoute. C’est un basket très différent et dans l’équipe on a des cadres comme Solo Diabaté qui connaissent très bien les compétitions africaines, la Coupe du Monde et aussi le fonctionnement de la sélection. Donc c’est à la fois apporter mon expérience, communiquer sur certains points où on doit être concentré, et être à l’écoute des « anciens ».
Quelle était votre relation avec Solo Diabaté justement ? Qu’est-ce qu’il vous a apporté ?
Beaucoup de choses. Sur le fonctionnement en sélection, sur la façon dont on est arbitré, sur l’approche qu’il faut avoir dans ce genre de matchs. On a beaucoup parlé pendant ces trois matchs.
Cette première expérience vous donne confiance sur votre capacité à vous fondre dans ce collectif ivoirien ?
Il n’y aura aucun problème. Je suis quelqu’un qui peut m’adapter. J’ai joué dans des équipes où je n’étais pas celui qui avait le plus souvent la balle. On est une équipe complète, polyvalente. On a tous nos moments dans le match et il faut le sentir. Quand quelqu’un est bien, il faut le sentir pour le mettre encore plus à l’aise. Si je dois faire de la place pour quelqu’un qui se sent bien, je le fais, pas de problème. J’ai de grosses ambitions mais je pense que c’est pas mal pour une première, je me suis bien adapté, on a pris deux victoires. On part sur un goût un peu amer sur le dernier match mais je pense que c’est très positif.
De grosses ambitions ? C’est-à-dire ?
On a une Coupe du monde à aller chercher, mais je pense aussi qu’on peut s’imposer en Afrique. Et même au niveau mondial, il y a moyen de faire quelque chose de grand. Les talents sont là. Si on ramène notre meilleure équipe, on peut faire de grandes choses. Personnellement, mon ambition et de faire les meilleures performances possibles et d’avoir de la régularité dans l’équipe.
Qu’a ressenti votre père quand il vous a vu avec votre frère Maxence ensemble sur le terrain ?
Il était fier. Avoir ses deux fils dans la même équipe, c’est particulier. Je suis content pour lui et qu’il ait pu assister aux matchs. On a aussi pu aller en Côte d’Ivoire avant le rassemblement, c’était un beau retour aux sources. Avant la saison, de voir la famille et de passer du temps dans le pays de mon père, ça fait du bien.
Est-ce que cela traduit aussi une envie de développer le basket ivoirien ? De vous servir de votre statut de joueur NBA pour faire avancer les choses dans le pays et pour la sélection ?
Bien sûr, c’est aussi une des raisons de mon choix de représenter la Côte d’Ivoire. Je pense qu’on a tout ce qu’il faut, énormément de potentiel avec des joueurs qui évolue à haut niveau. Il y a un peu cette caricature des fédérations africaines qui sont mal organisées. Aujourd’hui on a la chance de prouver que ce n’est pas ça, que c’est professionnel et qu’on fait tout ce qu’il faut. C’est mon objectif à long terme. Ce n’est que le début.
Un été comme cela, ça donne faim pour la nouvelle saison avec les New York Knicks en NBA ? Et des arguments pour gratter quelques minutes supplémentaires sur le parquet ?
Bien sûr. Là aussi, beaucoup d’ambitions personnelles et collectives. Mes arguments, je vais devoir les faire valoir tous les jours. Mais c’est mon objectif : passer plus de temps sur le terrain cette année.

