Après le verdict de la justice, la riposte. « Tout sera fait pour nous empêcher d’arriver au pouvoir », a accusé Jordan Bardella au micro de CNews-Europe 1 ce mardi 1er avril, au lendemain de l’inéligibilité décidée contre Marine Le Pen, faisant un parallèle entre « le climat » en France et la Roumanie où le candidat d’extrême droite a été privé d’une victoire potentielle par l’annulation de l’élection présidentielle. La décision des juges, à ce stade, empêche Marine Le Pen de concourir à la présidentielle 2027.
« Tyrannie des juges »
En réaction, le président du RN a annoncé « l’organisation ce week-end de distributions de tracts et mobilisations pacifiques ». Pour le dauphin de Marine Le Pen, l’affaire dite des assistants parlementaires est « un désaccord administratif avec le Parlement européen » et affirme que les membres du parti condamnés sont « totalement innocents ».
Au micro de CNews-Europe 1, Jordan Bardella dénonce également une « décision partisane » et « disproportionnée » des magistrats en charge du dossier et promet: « On va se battre jusqu’au bout ». Tout en s’indignant de « la tyrannie des juges », il condamne les menaces contre eux depuis la décision de justice, « y compris la violence des mots ».
« Pas une décision politique »
Face aux menaces et aux violentes critiques, la défense s’organise. « La justice n’est pas politique, cette décision n’est pas une décision politique mais judiciaire, rendue par trois juges indépendants, impartiaux », a défendu l’un des deux plus hauts magistrats de France, Rémy Heitz.
Cette décision « a été rendue conformément à la loi, en application de textes votés par la représentation nationale », a de son côté rappelé le procureur général près de la Cour de cassation sur RTL, qualifiant « d’inadmissibles » les « attaques très personnalisées contre des magistrats et les menaces qui peuvent faire l’objet de poursuites pénales ».
Pour son verdict, le tribunal de Paris a « pris en considération, outre le risque de récidive, le trouble majeur à l’ordre public, en l’espèce le fait que soit candidate à l’élection présidentielle une personne déjà condamnée en première instance », a justifié la présidente.
Il a également considéré qu’il y avait bien eu un « système » entre 2004 et 2016 pour faire faire des « économies » au RN en payant avec l’argent du Parlement européen des assistants d’eurodéputés travaillant pour le parti. Vingt-trois autres personnes ont été condamnées, ainsi que le FN devenu RN.
Article original publié sur BFMTV.com