jeudi, juin 11

Après le Portugal et l’Italie, le président du Rassemblement national Jordan Bardella s’est affiché jeudi avec l’extrême droite flamande à Bruxelles, nouvelle occasion de renforcer ses alliances européennes à quelques mois de la présidentielle française.

« Ce travail conjoint nous apparaît plus nécessaire que jamais », a plaidé le chef de file de l’extrême droite française, favori des sondages pour l’élection de 2027, évoquant les « dérives toujours plus grandes de la Commission européenne » sur l’écologie ou l’immigration.

Présent dans la capitale belge sur invitation du Vlaams Belang, Jordan Bardella a multiplié les éloges à l’égard de ce parti politique flamand, un « partenaire historique dont l’amitié et la fidélité n’ont jamais faibli ».

« Je suis convaincu que la prochaine fois que j’aurai l’honneur de l’accueillir, ce sera en tant que Premier ministre ou en tant que président de la République française », a quant à lui salué Tom Van Grieken, chef de cette formation politique belge.

Lors d’une conférence de presse, les deux hommes ont fait l’étalage de leurs positions communes – à commencer par leur opposition à la gigantesque loi européenne sur l’immigration qui entre en vigueur vendredi.

Le chef du RN s’en est aussi pris au « cordon sanitaire médiatique » présent en Belgique francophone, où les journalistes refusent d’interroger en direct les représentants de l’extrême droite, un concept « complètement lunaire et complètement inacceptable ».

Avant d’appeler à la « fraternité » entre ces deux partis lors d’un discours devant le Parlement flamand en milieu de soirée.

– Porto, Milan –

Du côté du RN, ce rassemblement est perçu comme une nouvelle occasion de consolider les liens avec des formations politiques d’extrême droite dont il est traditionnellement proche. Avec l’objectif affiché de s’appuyer sur ces alliances pour peser dans les débats européens, en cas de victoire en 2027.

Au cours des derniers mois, le président du groupe des Patriotes au Parlement européen s’est ainsi affiché à Porto (Portugal), aux côtés du leader de l’extrême droite portugaise, André Ventura.

Ainsi qu’à Milan, enlaçant sur scène le vice-Premier ministre italien, Matteo Salvini, aux côtés d’autres dirigeants ultraconservateurs.

Jordan Bardella a toutefois évité un meeting à Budapest quelques jours avant la défaite cuisante de Viktor Orban aux législatives hongroises, auquel participait Marine Le Pen.

– « Nouer des liens » –

Au-delà de ses partenaires classiques, que le RN retrouve de meeting en meeting, Jordan Bardella cherche aussi à élargir ses cercles. Il a multiplié les contacts avec les chancelleries étrangères au cours des derniers mois, échangeant avec les ambassadeurs des Etats-Unis, d’Egypte, des Emirats, d’Allemagne…

Et sera jeudi et vendredi prochains en Pologne, selon une personne participant au déplacement.

« Ça permet de nouer des liens politiques avec des pays ou gouvernements avec lesquels on se dit qu’on aimerait travailler », explique l’eurodéputé du RN Fabrice Leggeri à l’AFP.

Le chef du RN avait ainsi lancé un appel du pied au chancelier allemand Friedrich Merz mi-mai, soulignant ses « convergences idéologiques » avec le dirigeant conservateur, notamment en matière de contrôle des frontières et de l’immigration. Quitte à s’attirer en retour des critiques de l’extrême droite allemande.

La présence du président du RN à Bruxelles jeudi a été critiquée par un collectif de dizaines d’associations belges.

Elle « participe à la normalisation d’un camp politique dont l’histoire, les alliances et le programme restent incompatibles avec l’égalité », écrivent-elles dans un communiqué. Quelques centaines de personnes ont manifesté sous une pluie battante pour s’opposer à cet événement.

cjc/alv

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