L’ex-président américain Barack Obama a qualifié dimanche 25 janvier la mort d’Alex Pretti, un infirmier américain tué par des agents fédéraux la veille à Minneapolis, de « tragédie déchirante ». Le démocrate a appelé à un « sursaut » face aux « attaques » perpétrées contre les valeurs fondamentales des Etats-Unis.
« Il revient à chaque citoyen de s’élever contre l’injustice, de protéger nos libertés fondamentales, et de faire rendre des comptes à notre gouvernement », écrit Barack Obama dans un communiqué dans lequel il critique en outre l’administration Trump, « empressée de faire escalader la situation ».
Le gouvernement de Donald Trump a de son côté défendu les actions d’agents fédéraux qui ont tué l’infirmier américain de 37 ans, deux semaines après la mort de Renee Good dans la même ville et dans des conditions similaires. La métropole du Minnesota est secouée depuis plusieurs semaines par un mouvement de protestation contre la présence de l’ICE.
Comme il l’avait fait après la mort de Renee Good, le gouvernement Trump a immédiatement rejeté la faute sur Alex Pretti. La ministre de la sécurité intérieure, Kristi Noem, l’a accusé notamment de « terrorisme », car il s’apprêtait, selon elle, à mettre en danger les agents avec un pistolet dont les autorités ont publié une image. « On ne peut pas s’en prendre aux forces de l’ordre dans ce pays sans en subir les conséquences », a de son côté martelé sur la chaîne Fox News le directeur du FBI, Kash Patel.
Une analyse par plusieurs médias de plusieurs vidéos de l’événement semble pourtant contredire cette version. Les images montrent Alex Pretti plaqué au sol, avec autour de lui plusieurs agents tentant de le menotter, sur un sol verglacé. Quelques secondes plus tard, alors qu’un agent vêtu de gris semble retirer une arme au niveau de la taille d’Alex Pretti, alors agenouillé et penché en avant, avec plusieurs policiers au-dessus de lui, un coup de feu est tiré. Les agents s’écartent brutalement et tirent alors plusieurs fois à distance sur son corps inanimé. Au moins dix coups de feu sont entendus.
Dans un communiqué, les parents d’Alex Pretti ont accusé l’administration Trump de répandre « des mensonges écœurants » sur leur fils, « un être au grand cœur ». De nombreux élus de l’opposition ont exprimé leur colère face aux allégations du gouvernement. Dimanche, sur CNN, le sénateur démocrate Chris Murphy a ainsi accusé les responsables républicains d’être des « menteurs éhontés ». « Cela devrait faire flipper le grand public américain que l’administration Trump mente de manière si facile », a-t-il ajouté.
Les élus démocrates accusés par Donald Trump
Le gouverneur démocrate du Minnesota, Tim Walz, avait réclamé samedi que l’enquête soit chapeautée par les autorités locales, et non fédérales. « On ne peut pas se fier à l’Etat fédéral », a-t-il affirmé, avant d’accuser l’ICE de semer « le chaos et la violence ». Dans une décision samedi soir, un juge fédéral a par ailleurs ordonné à l’administration Trump de préserver les preuves liées à la mort d’Alex Pretti.
Malgré la mort de l’infirmier, le haut responsable de la police aux frontières Greg Bovino a soutenu dimanche sur CNN que « les victimes, ce sont les agents ». Le responsable a également vanté « la formation fantastique » et le « super boulot » des agents qui « ont empêché de possibles tirs contre les forces de l’ordre ».
Donald Trump a lui accusé les élus démocrates locaux d’être à l’origine des tensions. « Le maire et le gouverneur poussent à l’insurrection avec leur rhétorique pompeuse, dangereuse, et arrogante », a-t-il accusé sur sa plateforme Truth Social, appelant à laisser la police de l’immigration « faire son boulot ».












