- Les glaciers suisses ont perdu 5,5% de leur volume cette année, selon les données de Glamos.
- Leur fonte s’accélère en raison du réchauffement du pays, qui est deux fois plus important que la moyenne mondiale.
- Leur épaisseur moyenne a diminué de 2,5 à 4 mètres cet été.
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C’est une nouvelle année « catastrophique »
pour les glaciers suisses. Selon les données du Réseau des relevés glaciologiques suisse (Glamos) publiées ce jeudi 1er septembre, les glaciers suisses ont encore perdu 5,5% de leur volume cette année après avoir connu l’été le plus chaud jamais enregistré et un hiver pauvre en neige.
Entre 2022 et 2026, les glaciers suisses ont fondu à un rythme plus de deux fois supérieur à celui observé lors de toute autre période de cinq ans jusqu’ici, entraînant une perte de près de 20% de leur volume depuis 2021. Et leur fonte s’accélère : 10% du volume de glace a disparu dans les années 1990, contre 27% au cours de la décennie 2016-2026, selon des mesures réalisées sur une vingtaine de glaciers, extrapolées à l’ensemble des près de 1.300 formations glaciaires que compte encore la Suisse.
Cette fonte s’explique notamment par le réchauffement du pays, qui est deux fois plus important que la moyenne mondiale, selon MétéoSuisse. Les mois de juin à août ont été les plus chauds jamais enregistrés en Suisse depuis le début des mesures en 1864. Ils ont détrôné l’été caniculaire de 2003, qui détenait jusqu’alors le record.
2.200 milliards de litres d’eau perdus
La neige qui protège les glaciers avait déjà fondu en partie en juin et avait totalement disparu en septembre, même à 3.500 mètres d’altitude. « Dans de telles conditions, les glaciers alpins n’ont aucune chance de survie à long terme »
, prévient Glamos. En raison de la fonte importante cette année, les chercheurs ont même dû réinstaller plus haut les piquets de mesure, y compris dans les altitudes les plus élevées, car la glace autour d’eux avait fondu.
L’épaisseur moyenne de glace de certains glaciers a diminué de 2,5 à 4 mètres et sur les langues glaciaires, elle s’est parfois contractée de jusqu’à 10 mètres durant l’été. Bien que les températures aient été plus élevées cette année, les pertes de 2022 n’ont pas tout à fait été atteintes, car de nombreux glaciers étaient recouverts d’un peu plus de neige qu’il y a quatre ans.
De plus, moins de poussière du Sahara s’est déposée sur la neige cette année. La lumière solaire a donc été mieux réfléchie, ce qui a permis qu’une plus grande partie de cette énergie reparte vers l’atmosphère, au lieu d’être absorbée par la neige.
Quatre grands glaciers ont toutefois connu cette année une fonte plus importante que jamais, dont celui du Rhône, l’un des plus emblématiques, ainsi que celui d’Aletsch, le plus grand des Alpes. À mesure que les glaciers reculent, les inquiétudes grandissent quant à la disponibilité future des ressources en eau. Entre juillet et septembre, les glaciers ont perdu au total environ 2.200 milliards de litres d’eau. « Difficile à imaginer : cela correspond à plus de quatre fois la consommation annuelle d’eau douce des ménages suisses »
, alerte Matthias Huss, responsable de Glamos.

