- Deux frères jumeaux comparaissent actuellement devant la cour d’assises de Bobigny.
- Un procès pour déterminer notamment lequel des deux a pris part à une fusillade en 2020.
- Ce ne sera pas une mince affaire, comme l’explique ce reportage du 20H de TF1.
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Le 20H
Cinq hommes comparaissent devant la cour d’assises de Bobigny (Seine-Saint-Denis) depuis ce lundi 9 février, pour les meurtres de Tidiane B., 17 ans, et Sofiane M., 25 ans, le 14 septembre 2020, ainsi que pour plusieurs tentatives de meurtres le 3 octobre de la même année, tous commis en bande organisée dans la ville de Saint-Ouen. Parmi les accusés, Samuel et Jérémy Y., tous deux âgés de 33 ans, et pour cause : ils sont ce que l’on appelle des jumeaux monozygotes, c’est-à-dire issus du même œuf fécondé. Ce que l’on appelle communément des « vrais jumeaux ». La présence de l’un d’entre eux lors de la fusillade du 3 octobre a été attestée, au moyen d’une trace ADN retrouvée sur une Kalachnikov ayant servi au moment des faits. Problème : l’ADN des deux frères étant strictement identique, il n’est pas possible de savoir à qui appartient l’empreinte en question.
L’analyse des images de vidéosurveillance ne permet pas non plus de les distinguer, en raison de leur ressemblance physique saisissante. « Il n’y a aucun signe distinctif. C’est très compliqué pour tout le monde et, à l’heure à laquelle on se parle, seule leur mère peut les différencier »
, pose Me Anne Galeron, avocate de Samuel Y., interrogée par TF1 dans le reportage du 20H visible en tête de cet article. Lors du procès, les deux hommes se retranchent derrière cette confusion, en se disant chacun innocent. « Il n’a pas été possible de mettre un prénom »
, a confirmé le brigadier-chef de la brigade criminelle devant la cour d’assises. « Ils échangent les fringues comme les lignes téléphoniques, les pièces d’identité. Depuis très longtemps, ils ont joué de cette gémellité dans leur parcours de délinquant »
, ajoute le commandant Dumas, cité dans les colonnes du Parisien
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Pour condamner l’un d’eux, la justice devra établir lequel est coupable. Une mission impossible ? « Pour individualiser, il faut du temps, de l’argent, mais surtout, il faut qu’on puisse avoir une trace exploitable, donc une plus grande quantité d’ADN. Si on a trop de mélange d’ADN, ce n’est même pas la peine d’essayer de les différencier »
, prévient Olivier Pascal, praticien expert en empreintes génétiques et pionnier de l’ADN en France, dont le premier fait d’armes fut de confondre le tueur en série Guy Georges en 1998. Dans l’affaire actuelle de Saint-Ouen, les enquêteurs misent donc sur d’autres moyens, telles que les écoutes téléphoniques… Ils savent qu’en 2013, la cour d’assises d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), confrontée à un cas de figure similaire dans un procès pour viols, avait dû acquitter deux « vrais jumeaux », faute d’avoir pu identifier une unique trace ADN.











