Le Vénézuélien Tarek William Saab, 63 ans, qui depuis 2017 occupait le poste de procureur de la République bolivarienne, a démissionné mardi 24 février. Mercredi, il était nommé « defensor del pueblo » (« défenseur du peuple ») par intérim. Le nouvel ombudsman, tatoué de partout, se dit « juriste et poète ». Sa désignation, même provisoire, indigne opposants et défenseurs des droits humains. « Tous les rapports internationaux désignent M. Saab comme complice de graves violations des droits humains », résume le militant des droits humains Rafael Uzcategui. En attendant de procéder aux nominations définitives, l’Assemblée nationale a désigné Larry Devoe procureur par intérim. M. Devoe est, lui aussi, un fidèle du chavisme.
M. Saab n’a pas précisé les raisons de sa démission. Dans la lettre adressée à l’Assemblée nationale, il affirme avoir exercé ses fonctions de procureur « avec rectitude et honneur au cœur d’une conjoncture historique exceptionnelle » et avoir protégé « la paix et les droits humains face à des agressions inimaginables contre la nation vénézuélienne ».
L’ancien candidat à l’élection présidentielle et aujourd’hui député Henrique Capriles a qualifié de « mauvaise farce » et d’« insulte aux victimes » la désignation de M. Saab au poste de défenseur du peuple, rappelant que celui-ci a été « le responsable de la persécution et de la condamnation de tant de Vénézuéliens ». Dans un communiqué publié jeudi, une coalition d’organisations de défense des droits humains rappelle les « accusations systématiques » d’exécutions extrajudiciaires, de détentions arbitraires, de tortures, de disparitions forcées qui ont marqué le mandat de M. Saab.
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