C’est un nouvel exemple de l’ouverture qui semble s’esquisser au Venezuela. Selon des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP), le réseau social X est de nouveau accessible avec certains opérateurs, depuis mardi 13 janvier, après avoir été bloqué pendant plus d’un an dans le pays par le président Nicolas Maduro, capturé par les Etats-Unis le 3 janvier.
« Nous reprenons contact par cette voie… Restons unis, avançons vers la stabilité économique, la justice sociale et l’État-providence auquel nous méritons d’aspirer ! », a notamment écrit sur son compte la présidente par intérim du pays, Delcy Rodriguez. L’ancienne vice-présidente fait figurer dans sa bio : « Présidente intérimaire de la République bolivarienne du Venezuela. Aux côtés du président Nicolas Maduro sur le chemin de Bolivar et de Chavez ».
Un peu plus tôt, le ministre de l’intérieur, Diosdado Cabello, souvent considéré comme le numéro deux du pouvoir vénézuélien et comme un de ses dirigeants les plus radicaux, avait envoyé un message similaire : « Je passe par ici pour adresser une grande accolade aux frères et sœurs du Venezuela et du monde qui ont été attentifs à la situation de notre pays », a-t-il écrit sur son compte X. « Nous allons reprendre cette voie pour communiquer ; restez à l’écoute. Nous vaincrons ! », a-t-il ajouté.
« Tu es le prochain »
M. Cabello a reçu des milliers de commentaires en quelques heures, des « mèmes » avec Donald Trump notamment, affiches de la récompense – 25 millions de dollars (21,5 millions d’euros environ) – pour sa capture ou messages de solidarité. « Tu es le prochain », « Ils vont venir te chercher » ont menacé certains détracteurs, tandis que des partisans écrivaient « Nous vaincrons », ou « Merci d’être là et de ne jamais abandonner ».
Nicolas Maduro, qui avait eu des échanges véhéments par internet avec Elon Musk, le propriétaire de X, avait fait bloquer X (ex-Twitter) au Venezuela en 2024 en rétorsion aux critiques sur sa réélection contestée publiées sur ce réseau. Ministres, parlementaires et institutions gouvernementales avaient immédiatement cessé d’utiliser la plateforme, qui était auparavant le premier canal d’information du pays, pour opérer à la place sur Telegram.
La réouverture de X dans le pays – même si l’accès était encore bloqué avec certains opérateurs – survient alors que Mme Rodriguez, sous pression de Donald Trump, a, depuis la chute de Nicolas Maduro, signé des accords pétroliers avec les Etats-Unis, ouvert la voie à la reprise des relations diplomatiques rompues depuis 2019 et annoncé la libération de prisonniers politiques.














