« Javier est enfin libre ! » L’activiste vénézuélien Javier Tarazona, détenu depuis plus de quatre ans pour « terrorisme », « trahison » et « incitation à la haine », a été libéré dimanche 1ᵉʳ février, a affirmé à l’AFP son frère, Rafael Tarazona.
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Ce défenseur des droits humains, enseignant-chercheur à l’université et directeur de l’ONG FundaREDES, était l’une des figures les plus emblématiques de la société civile vénézuélienne. Emprisonné à Caracas depuis son arrestation arbitraire le 2 juillet 2021, de nombreuses ONG, dont Amnesty International réclamaient sa libération.
Très bien informé sur la zone frontalière entre le Venezuela et la Colombie, Fundaredes avait notamment alerté en 2021 sur les affrontements entre des groupes d’irréguliers colombiens et l’armée vénézuélienne, avant que le pouvoir du président Nicolas Maduro n’en fasse état.
Fundaredes a notamment accusé le pouvoir d’héberger sur le territoire vénézuélien des leaders des guérillas colombiennes et d’entretenir des liens avec celles-ci.
La situation est très instable sur une grande partie des 2 200 kilomètres de frontière entre le Venezuela et la Colombie avec la présence de guérillas, groupes armés et narcotrafiquants. Fundaredes y a notamment développé un réseau d’informateurs dans des zones peu accessibles.
Torturé pendant sa détention
Pendant les quelques audiences de son procès sans cesse repoussé et auquel a assisté l’AFP, il avait pu s’exprimer sur son arrestation, dénonçant notamment des tortures au début de son incarcération.
Il avait indiqué que pendant les premiers mois de détention, il avait été victime de « tortures et traitements inhumains » dans la célèbre prison de l’Hélicoïde de Caracas : « J’ai reçu des coups, des coups, des coups. On ne voyait pas le soleil. On n’avait pas d’eau potable. On nous faisait uriner et déféquer dans les récipients dans lesquels on devait manger. »
Cette libération intervient deux jours après l’annonce par la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, sous pression américaine, de la fermeture de la célèbre et redoutée prison de l’Hélicoïde, où il était détenu. Sa libération survient moins d’un mois après la capture du président Nicolas Maduro par l’armée américaine.
Le Venezuela compte encore au moins 711 prisonniers politiques, dont 65 étrangers, selon l’ONG Foro Penal. Des dizaines de proches campent toujours devant les prisons du pays, attendant des libérations, mais ils sont désormais optimistes après l’annonce vendredi de la loi d’amnistie qui bénéficiera aux détenus politiques.
Avec AFP











