“Les États-Unis risquent-ils d’épuiser leurs stocks d’armes ?”, s’interroge Al-Jazeera, ce samedi 23 mai. La question de la chaîne qatarie puise sa source dans une déclaration du secrétaire à la Marine américaine, deux jours plutôt, au sujet d’un accord d’exportation de matériel militaire vers Taïwan, approuvé par le Congrès mais pas encore ratifié par Donald Trump. “Là, maintenant, nous avons pris la décision de faire une pause afin de faire en sorte que nous ayons toutes les munitions dont nous avons besoin pour l’opération Fureur épique [nom donné à la campagne militaire en Iran] – et nous en avons plein”, a indiqué Hung Cao devant le Sénat, à Washington.
“S’il assure que cette décision n’est pas liée à une pénurie immédiate, les preuves que l’armée américaine brûle ses réserves de munitions plus vite qu’elle n’est capable de les réapprovisionner se multiplient”, certifie le média sis à Doha. “Des milliers de missiles ont été utilisés depuis le début de la guerre le 28 février, confirme la publication The Hill, à Washington. Presque tous les missiles furtifs de longue portée ont été utilisés, tandis que les stocks de Tomahawks, d’intercepteurs Patriot et d’ATACMS ont été vidés.”
Explications contradictoires
Surprise, à Taipei : les autorités taïwanaises ont assuré vendredi ne pas avoir été prévenues d’éventuels “ajustements des ventes d’armes américaines”. Les remarques du secrétaire à la Marine viennent d’ailleurs “contredire les déclarations de Donald Trump, qui avait donné une autre justification la semaine dernière à sa volonté de temporiser sur le dossier, arguant qu’il comptait se servir du deal comme d’un moyen de pression sur la Chine”, constate The Hill. “Les ventes d’armes à Taïwan, qui s’inscrivent dans le cadre du Taiwan Relations de 1979, n’ont rien à voir avec la guerre en Iran”, a assuré une source proche du dossier à l’agence Reuters.
Cette sortie de Hung Cao intervient moins d’une semaine après la visite du président américain à Pékin. À l’issue de l’entrevue entre le locataire de la Maison-Blanche et son homologue Xi Jinping, la question taïwanaise a été soigneusement exclue du communiqué de Washington. “On ne cherche pas à ce qu’untel ou untel obtienne son indépendance”, a-t-il lancé à la chaîne conservatrice Fox News à bord d’Air Force One, sur le chemin du retour. “Une phrase qui a provoqué des inquiétudes à Taipei quant à un possible durcissement de l’approche américaine”, relaie le South China Morning Post (SCMP).
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