dimanche, juillet 5

Un homme frappe en rythme sur un tambour tandis que, derrière lui, des femmes vêtues de blanc avancent avec des torches allumées en chantant des hymnes… à Zeus. Au pied du mont Olympe, domaine des dieux de la mythologie grecque, ces scènes se renouvellent tous les débuts d’été à l’occasion du festival Prométhée qui s’étale sur quatre jours.

Depuis plus de trente ans, à Litochoro, des centaines de Grecs et d’étrangers vouant un culte aux divinités de la Grèce antique campent dans la région et font revivre des cérémonies puisant leurs racines dans l’Antiquité.

Ces manifestations sont organisées par l’association « Prométhée porteur de feu », en référence au Titan qui, selon la mythologie grecque, défia le roi des dieux, Zeus, en volant le feu sacré de l’Olympe pour le transmettre aux humains.

« Ces rencontres existent depuis 31 ans », souligne auprès de l’AFP Georgia Altintasiotou, présidente de l’association.

« Notre objectif est de mettre en valeur certains aspects du patrimoine culturel et historique grec », poursuit-elle.

Plusieurs participants, dont beaucoup sont adeptes du polythéisme, prennent part à des processions, des courses aux flambeaux et des cérémonies symboliques près du site archéologique de Dion.

« C’est une tentative de retour à nos racines », explique aussi l’écrivaine Semeli Travlou, membre fondatrice de l’association.

« Nous avons été éloignés de manière artificielle et systématique de la littérature, de l’éducation et de la pensée de la Grèce antique, de nos dieux ancestraux et de notre vision grecque du divin », juge-t-elle. « Nous avons renoncé à notre passé ».

La plupart des membres de cette association changent de prénom à l’issue d’une cérémonie et s’interpellent ensuite à l’aide de noms inspirés de l’Antiquité.

« À l’état civil, je m’appelle Triantafyllos, mais ici j’ai adopté le nom Hermodoros (« cadeau du dieu Hermès ») », explique Triantafyllos Athanassoulas, 48 ans, qui participe à une course aux flambeaux.

Dans les gorges de l’Olympe, les participants se rassemblent également au bord de la rivière Enipée afin de rendre hommage à la nature et d’invoquer les Nymphes et les Néréides, créatures divines de la mythologie grecque.

« Les dieux de la Grèce antique sont des énergies qui existent en nous. Je ne cherche à convertir personne », assure Symeon Charizanos, 53 ans, employé du secteur privé.

« J’essaie de préserver les valeurs et les vertus de mes ancêtres, comme l’excellence, l’audace, l’esprit de lutte, le courage et la vérité », ajoute-t-il.

Les festivités se concluent par des représentations théâtrales inspirées de l’Antiquité, des danses et des célébrations organisées dans la forêt au pied de la montagne.

vk-yap/jmo

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