Un bilan humain qui ne cesse d’augmenter. Ce vendredi 21 août, des frappes russes ont touché un centre commercial ukrainien à Kryvy Rig, dans le centre du pays, faisant ce samedi au moins 16 morts et 130 blessés.
Au petit matin, les secours fouillent encore les débris à la recherche de neuf personnes portées disparues.
Selon son dernier recensement, la ville de Kryvyï Rih comptait près de 560.000 habitants, ce qui en fait la septième ville du pays. C’est également la ville d’origine du président ukrainien Volodymyr Zelensky et de son épouse Olena.
Située à moins de 100 kilomètres du front entre la Russie et l’Ukraine, en guerre depuis quatre ans, cette double attaque confirme la volonté russe d’instaurer la terreur chez les civils, alors que l’Ukraine est également à l’origine d’attaques aux drones.
« Il est très clair que les Russes cherchent l’escalade, faire un maximum de victimes civiles, soit pour pousser les victimes à l’exode, soit pour avoir une vie impossible et essayer de faire craquer le pays », déclare sur BFMTV Ulrich Bounat, analyste géopolitique.
· Au moins 16 morts et 130 blessés
Dans un message publié peu de temps après l’incident, le président Volodymyr Zelensky a précisé que cette attaque s’est effectuée en « deux vagues », « une demi-heure après la première frappe et l’incendie, il y a eu une seconde frappe ayant visé les services de secours », commente-t-il.
Selon le gouverneur de la région de Dnipropetrovsk où se trouve la ville, Oleksandre Ganja, le dernier bilan de cette attaque est donc de 16 morts, tandis que les secours ont évoqué au moins 130 blessés, dont 23 enfants.
Parmi les blessés, 63 personnes restaient hospitalisées dans la nuit, dont 29 dans un état grave, a précisé le gouverneur.
· L’UE dénonce une « terreur planifiée »
Sur la scène internationale, cette attaque n’a pas manqué de faire réagir l’Union européenne qui dénonce « une terreur planifiée » par Moscou, alors que Russie et Ukraine ont intensifié leurs attaques respectives ces dernières semaines faisant des morts civiles des deux côtés de la frontière.
La Russie veut rendre les villes ukrainiennes inhabitables », a renchéri dans la soirée sur X la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne Kaja Kallas. Ces bombardements démontrent « l’absolue et totale dépravation » de la guerre livrée par Moscou, a-t-elle ajouté.
· Multiplication des frappes
Il ne s’agit pas de la seule attaque russe ayant touché l’Ukraine ce vendredi 21 août, puisque quatre personnes, dont trois mineurs, ont également été tuées dans une attaque séparée, cette fois dans la région de Mykolaïv au sud du pays.
Cette attaque a provoqué un incendie dans un magasin, une pharmacie et un bureau de poste, a déclaré sur Telegram le ministre de l’Intérieur Ivan Vygivsky.
Quatre ans et demi après le début de l’invasion russe de l’Ukraine, les frappes de longue portée se multiplient des deux côtés du front, visant un nombre croissant d’installations civiles telles que des entrepôts logistiques et faisant de plus en plus de victimes.
· Une guerre des drones
Début août, l’Ukraine a annoncé son intention de fabriquer 10 millions de drones cette année, confirmant le virage que prend le conflit avec la Russie. C’est dans le ciel que le conflit, débuté il y a quatre ans, pourrait prochainement se jouer.
De chaque côté de la frontière, représentants russes comme ukrainiens revendiquent régulièrement la destruction de drones ennemis ou déplorent des frappes faisant un nombre toujours plus important de victimes civiles.
Article original publié sur BFMTV.com

