La mode a été célébrée comme un art à part entière lundi sur les marches du Met Gala, plusieurs stars faisant référence à d’autres disciplines, de la peinture à la sculpture, dans une atmosphère relativement sage.
L’édition 2025 – et l’exposition qui l’accompagnait – mettait à l’honneur le subversif dandysme noir. Cette fois, c’est la mode en tant qu’art qui est à l’honneur.
Intitulée « Costume Art » (l’art du costume), l’exposition du Costume Institute, qui ouvre le 10 mai, met en valeur les liens immémoriaux entre l’art et le vêtement.
Sur les marches, la joueuse professionnelle de tennis Naomi Osaka rappelait les mobiles de Calder avec ses pétales sur tige rehaussant une robe et un immense chapeau blancs.
L’ancienne mannequin Heidi Klum s’est, elle, transformée en statut d’albâtre vivante.
Mais beaucoup ont choisi des coupes classiques et des couleurs discrètes, avec beaucoup de blanc, de beige et de noir.
L’excentricité était presque plus à chercher chez les garçons, avec notamment les bras dénudés et la lavallière de Connor Storrie, l’un des deux acteurs en vue de la série phénomène « Heated Rivalry ».
Egalement remarqué, le costume du comédien Ben Platt (« Pitch Perfect »), directement inspiré d’une toile de Georges Seurat.
Mais comme attendu, c’est Beyoncé qui, pour sa première apparition depuis dix ans, a rafflé la mise avec une robe signée par le créateur français Olivier Rousteing.
L’artiste américaine a rendu hommage à l’ancien directeur artistique de Balmain, qui a quitté la maison parisienne l’an dernier.
« Queen B » était venue accompagnée de son mari, le rappeur Jay-Z, mais aussi de sa fille aînée Blue Ivy, aujourd’hui âgée de 14 ans.
« C’est formidable de pouvoir partager ça avec elle », a déclaré, sur la chaîne YouTube du magazine Vogue, la chanteuse, coprésidente avec la légende du tennis Venus Williams et l’actrice oscarisée Nicole Kidman.
– « Tous les corps » –
Avec sa robe surpiquée de pierres scintillantes, qui dessinaient un squelette, Beyoncé a décliné l’autre grand thème de la nouvelle exposition du Costume Institute.
L’exposition « Costume Art » entend ainsi montrer le corps – si souvent standardisé dans la mode – sous toutes ses formes: mince ou gros, enceint, handicapé, tatoué… avec des mannequins modelés sur des personnes réelles.
Le mot d’ordre pourrait être « équité ou équivalence », résume pour l’AFP le conservateur du Costume Institute, Andrew Bolton. Il n’est fait « aucune hiérarchie » entre les oeuvres d’art (sculptures, peintures, dessins, photos… et bien sûr vêtements) ou entre les corps, ajoute-t-il.
Beyoncé entendait ainsi fêter lundi « tous les corps », a-t-elle expliqué en haut des marches. « Pulpeux, avec des formes, minces, grands: tous », a-t-elle lancé. « On célèbre simplement ce que Dieu nous a donné. »
Comme chaque année depuis 30 ans, le Met Gala – dont les tenues extravagantes font le régal des réseaux sociaux – était placé sous la supervision de la papesse de la mode Anna Wintour, directrice éditoriale mondiale de Vogue.
Le directeur artistique de Saint Laurent Anthony Vaccarello, l’actrice Zoë Kravitz, les chanteuses Sabrina Carpenter, Doja Cat et la Française Yseult figuraient également parmi les personnalités encadrant l’événement, traditionnellement organisé le premier lundi de mai.
Le gala a permis cette année de lever 42 millions de dollars (un « record » après les 31 millions récoltés l’an dernier) au profit du Metropolitan Museum of Art de New York et de son département de mode, le Costume Institute, a indiqué lundi le directeur général du Met, Max Hollein, lors d’une conférence de presse.
Perçue de longue date par certains comme un étalage indécent de richesses, la soirée s’annonçait encore plus controversée cette année car le patron d’Amazon Jeff Bezos et son épouse Lauren Sanchez Bezos en étaient les principaux sponsors et présidents d’honneur.
Mais Jeff Bezos ne s’est pas présenté sur les marches, évitant ainsi d’engendrer une réaction négative du public.
Quant à l’appel au boycott d’un collectif dénonçant les activités des milliardaires de la tech, il a fait chou blanc, toutes les vedettes étant présentes.
Le Met Gala a été organisé pour la première fois en 1948 et, pendant des décennies, il est resté l’apanage de la haute société new-yorkaise — jusqu’à ce qu’Anna Wintour transforme la soirée, dans les années 1990, en un podium ultra-médiatisé pour les célébrités.
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