Un nombre incalculable de parapluies et de capuches, en file indienne, qui font la queue avant la projection. C’est l’image qu’a envoyée le cinéaste belge Nicolas Graux à son amoureux et coréalisateur Truong Minh Quy, resté au Vietnam, quelques minutes avant la diffusion de leur film, Hair, Paper, Water… : un portrait en pointillé d’une femme de l’ethnie Ruc, au Vietnam, Madame Hau, tourné en 16 mm avec une vieille caméra Bolex. Le film concourt pour la Montgolfière d’or au Festival des 3 continents, à Nantes, dont la 47e édition a lieu du 21 au 29 novembre.
Hair, Paper, Water… : trois mots juxtaposés, sans lien apparent, comme ces imagiers pour enfants, remplis de vocabulaire, dessinant un monde, ici en perdition. Celui de l’ethnie Ruc, dont « la langue n’est plus parlée que par une centaine d’habitants », a précisé Nicolas Graux, lors de la rencontre à l’issue de la projection. Madame Hau, une brindille, prend soin des autres, part à Saïgon pour s’occuper de sa petite-fille qui vient d’accoucher. La jeune femme et son mari travaillent à l’usine et ont à peine de quoi manger. On pense à la trilogie Jeunesse, de Wang Bing, à ces jeunes qui fuient les campagnes, avalés par le travail.
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