Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, les limogeages massifs de fonctionnaires et le démantèlement de certaines agences et ministères ont ébranlé l’appareil d’Etat américain.
Les collectivités locales et les États démocrates, eux, voient comme une aubaine l’arrivée de cette main d’oeuvre qualifiée sur le marché de l’emploi.
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Le second mandat de Donald Trump
Les coupes « à la tronçonneuse » d’Elon Musk, une aubaine pour le marché de l’emploi ? C’est en tout cas l’avis de plusieurs Etats américains. Missionné par Donald Trump pour effectuer des coupes drastiques dans l’administration fédérale, le patron de Tesla a d’ores et déjà mis sur le carreau des dizaines de milliers de fonctionnaires. Un vivier de talents, estiment des collectivités territoriales, qui ont lancé de vastes campagnes de recrutements ces dernières semaines.
Comme le rapporte ce weekend le Washington Post (nouvelle fenêtre), certains Etats – pour la plupart démocrates – font de ces embauches « une véritable cause, avec des campagnes de recrutement ciblées visant ceux qui s’attendaient autrefois à passer toute leur carrière au service du gouvernement fédéral ». Près d’une douzaine d’entre eux ont ainsi lancé des sites internet spécialisés pour promouvoir les postes ouverts pour les fonctionnaires fédéraux au chômage. Le site « FedUp » du Massachusetts, lancé début mars, a par exemple enregistré plus de 20.000 vues et généré 110.000 impressions sur LinkedIn.
Il faut absolument faire de son mieux pour attirer les meilleurs talents dans son État
Il faut absolument faire de son mieux pour attirer les meilleurs talents dans son État
Terry McAuliffe
« Vous avez des gens qui sont, dans leur secteur, des stars », a expliqué auprès de Politico Quinton Lucas, le maire de Kansas City. Avant d’affirmer : « Notre principal argument est que si vous voulez continuer à travailler dans la fonction publique, vous n’avez pas besoin de subir tous ces drames et ces conneries. » L’édile s’est même rendu à Washington pour tenter d’enrôler un ancien secrétaire d’Etat adjoint pour sa municipalité.
Certains États ont également planché sur une refonte de leur processus de recrutement pour faciliter l’embauche des fonctionnaires désormais sur le carreau. En Pennsylvanie, qui cherche à pourvoir 540 postes au sein de son administration, le gouverneur Josh Shapiro a signé un décret pour modifier le mode de calcul de l’expérience professionnelle. Objectif : que les années passées au sein de la fonction publique fédérale soient prises en compte au même titre que celles passées au sein de l’administration de l’État.
« Il faut absolument faire de son mieux pour attirer les meilleurs talents dans son État« , a abondé l’ancien gouverneur de Virginie, Terry McAuliffe. « Pour ces fonctionnaires fédéraux qui ont une connaissance innée du travail avec le gouvernement fédéral, c’est inestimable. » Pour ces responsables locaux, le temps presse : les pertes d’emplois liées au département de l’Efficacité gouvernementale (DOGE) dirigé par Elon Musk menacent de déstabiliser leurs économies, déjà confrontées à des déficits budgétaires et à la menace d’une récession nationale.
Ces initiatives locales suffiront-elles à absorber l’afflux massif de fonctionnaires sur le marché du travail américain ? Les chiffres publiés depuis un mois soulèvent en tout cas la question. Plus de 70.000 postes au ministère des Anciens combattants, l’un des plus importants en nombre de fonctionnaires, seront ainsi supprimés à terme, a annoncé le ministre Doug Collins. Le fisc (IRS), lui, envisage de renvoyer la moitié de ses quelque 90.000 employés.
En outre, dès les premières semaines de la présidence républicaine, un dispositif incitant à une démission différée en échange de salaire et avantages sociaux maintenus jusqu’en septembre a été proposé aux plus de deux millions de fonctionnaires fédéraux. Plus de 75.000 employés fédéraux l’ont accepté, selon la Maison Blanche.