Pour la première fois depuis 2010, la collecte nette de l’assurance-vie a dépassé le plafond des 50 milliards d’euros (50,6 milliards d’euros), d’après le bilan de France Assureurs, l’association qui rassemble les acteurs du secteur assurantiel. L’enveloppe a ainsi attiré 22 milliards d’euros de plus qu’en 2024, faisant porter ses encours à 2 107 milliards d’euros (+ 6 %).
Dans le détail, les ménages ont placé 192,1 milliards d’euros dans leurs contrats et les assureurs ont servi 141,4 milliards d’euros de prestations. Ces dernières sont en repli de 3 % par rapport à 2024 (- 5 milliards d’euros) et concernent surtout les fonds euros (− 4,5 milliards d’euros). La très forte collecte de l’assurance-vie en 2025 reste toutefois éloignée de son record absolu de 2006 (64,8 milliards d’euros).
Sa composition révèle en revanche une pause dans l’effondrement du fonds euros. Depuis 2014, il n’a cessé de perdre du terrain, au profit des unités de compte (UC, supports diversifiés et non garantis) qui ont grignoté une part toujours plus importante de la collecte de l’assurance-vie (près de 84 % en 2025). Il avait même basculé dans le rouge en 2020, subissant cinq années consécutives de décollectes, avec un point bas en 2023 à presque – 29 milliards d’euros. En 2025, il a su renouer avec une collecte positive, en attirant 8,1 milliards d’euros nets.
Beaucoup plus de risque
Un basculement aussi fort des ménages vers les unités de compte peut a priori étonner. Ces véhicules les exposent aux marchés financiers, avec des objectifs de rendement plus important que le fonds euros, mais aussi beaucoup plus de risque. Un investissement pour le meilleur et pour le pire donc. A l’inverse, l’argent qu’ils placent dans le fonds euros est intégralement protégé par l’assureur, les protégeant d’une quelconque perte de capital.
Si les UC ont autant attiré les détenteurs de contrats, c’est avant tout parce que les assureurs les y ont poussés. Pour plusieurs raisons, d’ordres économiques et réglementaires, le fonds euros leur est devenu trop coûteux à assurer. Ils s’activent donc depuis plusieurs années pour encourager l’investissement en unités de compte. La baisse du rendement du fonds euros a fini de convaincre les épargnants. « Les rachats se font essentiellement sur les fonds euros alors que les versements s’opèrent surtout vers les UC », a souligné Paul Esmein, directeur général de France Assureurs, lors de la présentation des chiffres 2025.
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