Pour certains observateurs qui suivent de près ce dossier, ces extraditions constituent une nouvelle étape importante dans l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse, du moins dans son volet américain où plusieurs condamnations ont déjà été prononcées rapporte notre correspondant à Port-au-Prince, Peterson Luxama. Alors qu’en Haïti, cinq ans après les faits, la justice n’a toujours pas organisé de procès majeur.
Le président Jovenel Moïse, âgé de 53 ans, avait été abattu par un commando armé dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 dans sa résidence privée à Port-au-Prince sans que ses gardes du corps n’interviennent. Sa mort avait encore aggravé le chaos dans le pays le plus pauvre des Amériques, qui n’a pas connu d’élection depuis 2016 et n’a plus de président depuis cet assassinat.
Joseph Félix Badio, ancien cadre de l’unité de lutte contre la corruption, fait partie des dix-huit personnes transférées. Il est considéré comme l’un des principaux suspects dans cette affaire. Les dix-sept autres sont des ressortissants colombiens, selon des sources haïtiennes citées par l’Agence France Presse.
Le ministère colombien des Affaires étrangères a confirmé dimanche suivre « le transfert de 17 citoyens colombiens depuis la République d’Haïti vers les États-Unis », précisant ne pas être directement impliqué dans le processus.
Une enquête haïtienne inachevée
Ces extraditions interviennent alors que l’enquête haïtienne reste inachevée et soulève aussi des interrogations : Quelle place pour la justice haïtienne? Dans quelles conditions des personnes inculpées en Haïti sont transférées vers les États-Unis avant d’avoir été jugées ici ?
Des interrogations qui demeurent même si le traité d’extradition entre Haïti et les États-Unis prévoit la remise de personnes accusées ou condamnées pour certains crimes et sous certaines conditions.
Parallèlement, à Montréal au Canada, les recherches menées par les autorités ont conduit à l’arrestation, ce dimanche, d’Ashkard Pierre Joseph, ancien contractuel au Consulat général d’Haïti à Montréal. Il est présenté comme associé au pasteur Christian Emmanuel Sanon, lui-même détenu dans le cadre de cette affaire aux États-Unis.
D’autres personnes sont toujours recherchées par la police.
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