Les avocats de la famille de Samuel Paty se sont félicités de la confirmation en appel par la cour d’assises spéciale de Paris ce lundi 2 mars de la condamnation des deux auteurs de la campagne de haine qui s’était conclue par son assassinat, une « fatwa numérique » selon eux.
Un verdict qui marquera « l’histoire judiciaire »
Ils ont toutefois regretté la diminution des peines contre deux proches de l’assassin du professeur d’histoire-géographie: initialement jugés pour complicité d’assassinat, Naïm Boudaoud, 24 ans, et Azim Epsirkhanov, 25 ans ont été condamnés à six et sept ans de prison pour association de malfaiteurs, sans que le caractère terroriste de celle-ci ne soit retenu. Ces deux derniers vont donc prochainement sortir de prison, étant donné qu’ils ont déjà effectué plus de cinq ans de détention provisoire.
Mais ce verdict « marquera l’histoire judiciaire s’agissant des professeurs et de ce qu’on peut lancer sur les réseaux sociaux » et est « plutôt bien accueilli » par les parents et une des sœurs du professeur, Gaëlle, selon leur avocate Virginie Le Roy.
Selon elle, cette « fatwa numérique », lancée par le parent d’élève Brahim Chnina et le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, est « le symbole de ce dossier ».
Brahim Chnina s’est vu infliger une peine de dix ans de réclusion, cinq ans de moins qu’Abdelhakim Sefrioui, sans doute en raison de son état de santé, selon Me Le Roy.
Peut-être aussi parce que la cour a voulu sanctionner « ceux qui ont voulu salir la mémoire de Samuel Paty en l’accusant de discrimination et d’islamophobie », a analysé le conseil du fils de Samuel Paty et de son ancienne compagne, Me Francis Szpiner.
« Pour Mickaëlle Paty, il était essentiel que la fatwa numérique qui a conduit à la condamnation soit confirmée en appel », a de son côté réagi l’avocat de l’autre sœur du professeur assassiné le 16 octobre 2020, Me Thibault de Montbrial.
« Incompréhension » sur les deux autres peines
« Désigner du doigt un professeur, un journaliste, un professionnel quelconque, parce qu’il a fait œuvre de pédagogie sur la République et sur ses valeurs, doit être sévèrement condamné et c’est le cas ce soir », a ajouté Me de Montbrial, exprimant toutefois son « incompréhension » sur la diminution de la peine de Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov.
« C’est donc une décision contrastée mais si nous devions ne retenir qu’une seule chose, c’est que la sanction criminelle de la fatwa numérique est maintenue et c’est un pas historique pour la justice française », a-t-il dit.
Pour ce qui est des deux amis d’Anzorov, le verdict de la cour d’appel « heurte la famille », a dit Me Szpiner. Mais sur la sanction de la cabale en ligne menée par Chnina et Sefrioui, c’est « une véritable satisfaction ».
« Vouloir désigner à la vindicte, en sachant ce qui va arriver, c’est-à-dire transformer un homme en cible, a été sévèrement sanctionné », s’est-il félicité.
Article original publié sur BFMTV.com












