dimanche, juillet 12

Le Moyen-Orient replonge dans l’escalade militaire. Un navire qui tentait d’avancer dans le détroit d’Ormuz a été visé par des tirs iraniens ce dimanche 12 juillet, et a finalement dû être abandonné aux flammes. En réaction, les États-Unis ont lancé une nouvelle série de frappes sur l’Iran.

Suite à ces attaques américaines, l’Iran a lancé des missiles et des drones contre ses voisins du Golfe en représailles. Cette reprise des hostilités, assortie de l’annonce par Téhéran d’une nouvelle fermeture du détroit, laisse une fois de plus le cessez-le-feu théoriquement en vigueur et la perspective d’un accord de paix s’éloigner. Les deux pays ont échangé ces derniers jours des menaces de vengeance et de destruction totale.

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• Un navire en flammes, après des tirs iraniens

Selon les Gardiens de la Révolution, « plusieurs navires ont tenté d’emprunter une route non autorisée » dans le détroit d’Ormuz ce dimanche, tout en ignorant leurs « avertissements et rappels ». « Un navire qui avait mis en danger la sécurité maritime en désactivant ses systèmes a été touché par des tirs d’avertissement et arrêté », ont-ils poursuivi.

Selon l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO, l’attaque a eu lieu à environ 17 km à l’est de la péninsule de Moussandam, appartenant au sultanat d’Oman, et a causé un incendie à bord. « L’équipage a abandonné le navire et embarqué sur un canot de sauvetage », a-t-elle indiqué.

Selon le Centcom (Commandement central des États-Unis), le navire touché par l’Iran est le GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote. « Un membre d’équipage civil est porté disparu et le navire n’est pas en mesure de poursuivre sa route en raison d’un incendie à bord et de dégâts importants subis par la salle des machines », a-t-il détaillé.

• Le détroit d’Ormuz fermé « jusqu’à nouvel ordre », annoncé l’Iran

Dans la nuit de samedi à dimanche, l’Iran a annoncé la fermeture « jusqu’à nouvel ordre » du détroit d’Ormuz, par lequel transitait en temps normal un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures, après y avoir tiré sur un navire.

« Le détroit d’Ormuz sera fermé jusqu’à nouvel ordre et jusqu’à la fin des interventions américaines dans cette région ; aucun navire ne sera autorisé à le traverser », ont écrit les Gardiens, qui ont par la suite annoncé avoir frappé « un deuxième navire qui violait les régulations dans le détroit d’Ormuz », sans plus de précisions.

Des affirmations contredites par l’armée américaine, qui a assuré que le détroit d’Ormuz est « ouvert » et que la circulation des navires « fonctionne ». Jusqu’à présent, Téhéran autorise un seul couloir de navigation, le long de ses côtes, et exclut tout retour à la situation d’avant-guerre, quand le passage était gratuit dans le détroit d’Ormuz, ce que les États-Unis contestent.

• Les Américains lancent 140 frappes sur l’Iran

En retour, le Commandement central de l’armée américaine (Centom) a annoncé avoir mené environ 140 frappes contre des cibles militaires en Iran, la troisième série depuis mardi, visant « des sites de missiles et de drones iraniens, des moyens navals, des dépôts de munitions, des réseaux de communication et des postes de surveillance côtière ».

« Nous les avons frappés très fort hier soir. Nous avions un accord avec eux hier. Ils cédaient sur tout, et d’un coup, deux heures après ça, ils ont frappé un navire avec un drone », a déclaré ce dimanche Donald Trump à CNN par téléphone.

Des médias iraniens ont fait état d’explosions dans le sud du pays, à Bandar Abbas, Sirik, Jask, sur l’île de Qeshm, ainsi que dans la province du Khouzistan, frontalière de l’Irak, sans signaler de victime dans l’immédiat. « L’Iran a fait un mauvais choix. Maintenant ils paient », a écrit sur X le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth.

Selon le Centcom, le navire touché par l’Iran est le GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote. « Un membre d’équipage civil est porté disparu et le navire n’est pas en mesure de poursuivre sa route en raison d’un incendie à bord et de dégâts importants subis par la salle des machines », a-t-il détaillé.

• Des frappes iraniennes dans plusieurs pays du Golfe

Au Koweït et aux Émirats arabes unis, les autorités ont dit faire face dimanche matin à des attaques aériennes. Les sirènes d’alerte ont retenti au Bahreïn, et au Qatar, des journalistes de l’AFP ont entendu des explosions et assisté à des interceptions dans le ciel du sud de la capitale Doha. Les autorités de l’émirat ont confirmé avoir intercepté des missiles.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l’Iran, ont déclaré dans un communiqué qu’ils avaient visé une base aérienne américaine au Qatar « en réponse aux attaques continues » des États-Unis.

L’armée jordanienne a également indiqué que trois missiles iraniens étaient tombés sur le territoire du royaume à l’aube, sans faire de victimes. « Les dégâts se limitent à des dommages matériels mineurs », a indiqué une source militaire citée dans un communiqué de l’armée.

• Le cessez-le-feu de plus en plus caduc

Depuis plusieurs jours, le conflit connaît un net regain de tension. Les États-Unis avaient déjà bombardé l’Iran dans la nuit de mardi à mercredi, puis au cours de la nuit suivante, après avoir imputé à Téhéran la responsabilité d’attaques contre des navires commerciaux. En représailles, l’Iran avait frappé des cibles au Koweït, à Bahreïn et au Qatar.

Pourtant, Washington et Téhéran avaient signé le 17 juin dernier un protocole d’accord, assorti d’un cessez-le-feu, donnant 60 jours pour trouver une fin définitive à la guerre. Mais cette semaine, Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que ce cessez-le-feu était « terminé » en raison des attaques iraniennes contre des navires, tout en autorisant la poursuite des pourparlers avec l’Iran.

Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei a encore plus monté le ton ce samedi, affirmant que la « vengeance » était « inévitable » après les funérailles de son père et prédécesseur Ali Khamenei, tué au début des attaques israélo-américaines.

Dans le même temps, Donald Trump a affirmé que l »Iran prépare un projet d’assassinat contre lui. Il a promis une nouvelle fois « de décimer et de détruire complètement toutes les régions d’Iran » si un tel scénario venait à se concrétiser.

À la suite des nouvelles attaques de ce dimanche, le chef de la diplomatie pakistanaise, médiateur dans le conflit, a décroché son téléphone pour s’entretenir avec son homologue iranien. Il a appelé à la « désescalade » et a exhorté les parties à « faire preuve de retenue ». Il a également souligné que « le dialogue et la diplomatie restaient la seule voie viable pour résoudre les différends et instaurer une paix et une stabilité durables dans la région ».

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