Lorsqu’il a fallu décider de quels vêtements se délester, Amira Casar a d’abord hésité, trop sentimentale. Une fois sortie de sa housse, chaque pièce de sa collection, conservée dans différents garde-meubles, convoque des souvenirs. « Chacune recèle une émotion liée à un moment précis », raconte l’actrice, gaie et volubile, par une matinée neigeuse de janvier.
Comme ce fourreau vert sombre Antony Price, acheté adolescente, ce caftan mordoré trouvé chez un antiquaire de Tanger, les robes zébrées ou acidulées signées Anna Sui ou Alber Elbaz, portées dans la saga La Vérité si je mens !, ou bien encore la somptueuse tunique YSL des années 1970 en velours et brandebourgs qu’elle eut l’audace de porter, un jour, au premier rang d’un défilé Chanel.
« Et puis, tout d’un coup, j’ai accepté de me libérer de ce qui m’encombrait et de le faire d’une manière radicale. Une performance d’Olivier Saillard [historien de la mode] sur les vêtements de sa mère a été un déclic. Il y a eu aussi la lecture [de Julia Kristeva] que j’ai donnée à Avignon, en 2024, évoquant sainte Thérèse d’Avila : elle aimait les beaux tissus mais avait su renoncer à tout. Pourquoi ne parviendrais-je pas, moi aussi, à faire un peu de vide ? »
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