La Corée du Sud a infligé jeudi une amende record équivalant à 350 millions d’euros au géant de l’e-commerce Coupang après une fuite de données massive, une affaire qui suscite des tensions avec les États-Unis où l’entreprise est cotée.
Cette décision clôt une enquête de plusieurs mois visant la plus grande plateforme de vente en ligne du pays, ouverte après l’apparition en novembre d’allégations concernant une fuite de données d’ampleur –sur fond de frictions entre Séoul et Washington.
« Nous avons décidé d’infliger des amendes s’élevant au total à 624,68 milliards de wons pour avoir enfreint les obligations de sécurité et collecté des données sans fondement juridique », a indiqué la Commission de protection des informations personnelles.
L’organisme conclut que les données de plus de 37 millions d’usagers avaient été exposées « en raison de mesures de protection de base insuffisantes, notamment une mauvaise gestion des clés de signature d’authentification et des contrôles d’accès laxistes ».
Coupang, dont le siège social mondial se situe à Seattle aux Etats-Unis et qui est coté à New York, est incontournable dans l’e-commerce en Corée du Sud, proposant des produits en tous genres.
Le fuite de données, entre juin et novembre 2025, concernait des noms, adresses email, numéros de téléphone, adresses de livraison et historiques de commande. Informations de paiement et identifiants de connexion ont toutefois été épargnés.
Le groupe assure, lui, que seuls 3.000 dossiers clients ont effectivement été compromis.
« Nous regrettons que les mesures proactives prises pour prévenir tout préjudice secondaire, ainsi que nos explications fondées sur des faits avérés n’aient pas été suffisamment prises en compte », a déploré Coupang jeudi, évoquant sans détail des « procédures judiciaires pour établir clairement les faits ».
– Tensions diplomatiques –
L’affaire a pris une tournure diplomatique: un groupe de parlementaires américains du Parti républicain a dénoncé en avril une enquête « discriminatoire » à l’égard des entreprises américaines.
En réplique, une centaine de députés sud-coréens ont appelé les États-Unis à mettre fin à des « pressions excessives » et à stopper « toute demande ou intervention indue », dans une lettre à l’ambassadeur américain à Séoul.
Ils y soulignaient que les tentatives d' »acteurs politiques extérieurs » visant à influencer l’enquête « soulèvent de graves questions au regard des principes de l’État de droit et des normes internationales établies ».












