« Aller à La Havane » (Ir a La Habana), de Leonardo Padura, photographies de Carlos T. Cairo, traduit de l’espagnol (Cuba) par René Solis, Métailié, 366 p., 22,50 €, numérique 10 €.
Il suffit parfois d’une légère distance pour qu’un lieu devienne une obsession. Ainsi en va-t-il de La Havane pour Leonardo Padura. C’est sans doute parce que l’écrivain est né, en 1955, à Mantilla, un quartier périphérique de la capitale cubaine, où il vit encore, et non en son centre, que la ville n’a cessé d’aimanter sa curiosité et de nourrir son travail. C’est du moins ce qu’il laisse entendre dans Aller à La Havane, un livre qu’il a toujours rêvé d’écrire. Mêlant autobiographie géographique, monographie et recueil d’articles de presse, cet ouvrage explicite en profondeur les liens tumultueux de l’auteur avec cette métropole à laquelle reviennent la plupart de ses romans et essais. « L’appartenance havanaise a été pour moi un processus instable, écrit-il ici, un mouvement pendulaire oscillant entre découverte et assimilation, éblouissement et rejet, amour et moments d’aversion, proximité complice et déphasage quand se produit le choc entre désir, ou souvenir, et ce que l’on trouve réellement, ce sentiment qu’il me plaît d’appeler “étrangéité”. »
Sans s’abriter, comme à son habitude, derrière son double romanesque, l’inspecteur de police Mario Conde, mais sans pour autant se départir de sa verve, Padura déroule une troublante histoire à la fois intime et globale de La Havane, où la passion le dispute à la désillusion.
Il vous reste 69.72% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
















