Curieuse visite que cet échange germano-brésilien, dont le calendrier a été chamboulé par un président Lula imprévisible aux yeux du protocole allemand. Le tour des exposants de Hanovre s’est ainsi déroulé en séparé, Lula chez les Brésiliens, tandis que Merz, pris par d’autres engagements, n’a pas assisté à la démonstration d’un camion Mercedes roulant au bioéthanol made in Brasil, rapporte notre correspondante à Berlin, Nathalie Versieux.
Harmonie affichée quelques heures plus tard lors d’une conférence de presse commune, largement consacrée à l’énergie. « Nous avons pour l’heure bien plus qu’un milliard de véhicules avec un moteur à combustion sur les routes à travers le monde. Ce sera une tâche importante que de les décarboner. Et ce ne sera pas possible de les électrifier tous. Je suis très heureux que nous ayons discuté de ce point ensemble, et c’était une très bonne discussion, au cours de laquelle nous avons décidé d’approfondir notre coopération sur ce point », a déclaré Friedrich Merz.
« Les économies participantes plus fortes, plus indépendantes et plus résilientes »
Le chancelier allemand Friedrich Merz et le président brésilien Luis Inácio Lula da Silva ont loué ensemble dimanche l’accord de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur face à « l’unilatéralisme », dans une critique indirecte de Donald Trump. Le traité, qui sera appliqué provisoirement à partir du 1ᵉʳ mai, « rendra toutes les économies participantes plus fortes, plus indépendantes et plus résilientes », a assuré le chancelier allemand lors de l’ouverture de la foire industrielle de Hanovre (nord de l’Allemagne) devant un parterre de patrons.
« Face à l’unilatéralisme, le Mercosur et l’Union européenne ont fait le choix de la coopération », avait déclaré avant lui le dirigeant brésilien, invité d’honneur de la foire, vantant « un marché de près de 720 millions de personnes et un PIB de 23 billions de dollars ».
Plus ancien partenaire de l’Allemagne en Amérique latine, le Brésil partage de nombreux intérêts communs avec la République fédérale. Les deux pays sont sur la même ligne sur la réforme de l’ONU, la guerre en Iran ou la participation de l’Afrique du Sud au G20, malgré l’opposition de Donald Trump. Sur un point toutefois, ils restent opposés, le football. Lula espère assister à la finale aux côtés de Merz, une finale gagnée par le Brésil.











