« Catastrophique démonstration de l’aveuglement des politiques européennes centristes. Ce désastre est leur résultat. Dans ces conditions, le projet militaire allemand de créer la première armée conventionnelle d’Europe est inacceptable pour la France », a fustigé le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon sur X.
L’Alternative pour l’Allemagne (AfD), formation antimigrants, russophile et pro-Trump, a revendiqué une large victoire dans ce Land d’ex-RDA, infligeant un camouflet au chancelier conservateur Friedrich Merz. « Ce n’est plus un avertissement. C’est un ordre de mobilisation générale qu’il faut lancer. L’internationale réactionnaire et d’extrême droite avance à visage découvert », a déploré sur X le Premier secrétaire du PS Olivier Faure.
Autre candidat au sein de la gauche française, le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel a lui évoqué sur le même réseau un « terrible bilan pour l’UE et ses traités », appelant à les « changer ». « Partout en Europe, l’extrême droite gagne du terrain avec son programme de haine. Elle prospère sur la pauvreté, la désindustrialisation, l’escalade de la guerre », a-t-il dénoncé.
L’« heure de vérité », estime Éric Zemmour
Également candidat à la présidentielle, le chef de file du parti présidentiel Renaissance, Gabriel Attal, a qualifié ce résultat de « vrai signal d’alarme », appelant sur BFMTV à en « tirer les enseignements ». Il a notamment affirmé que « le barrage contre l’extrême droite » ne pouvait plus être « un projet politique suffisant pour que vous ayez une majorité d’électeurs qui viennent y adhérer ». « On a besoin de porter une vision, des mesures concrètes », et de « réinventer le modèle » pour « reprendre la main dans un monde qui change », a-t-il ajouté.
Le dirigeant du parti d’extrême droite Reconquête, Éric Zemmour, a, quant à lui, parlé d’« heure de vérité ». « On accusera les électeurs. Les vrais responsables sont ceux qui, un demi-siècle durant, ont traité comme un délit ce que les peuples éprouvaient comme une évidence : le désir de demeurer soi-même », a expliqué celui qui n’a pas encore confirmé sa candidature pour la présidentielle.
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Pas de réaction du RN
Les responsables du Rassemblement national, favori des sondages en France, n’ont à ce stade pas réagi à la victoire historique de leur ancien partenaire. Interrogé samedi lors du forum de Cernobbio en Italie sur l’hypothèse de voir le RN renouer avec l’AfD en cas de percée du premier parti d’opposition en Allemagne, le président du parti Jordan Bardella avait affirmé que ce n’était « pas prévu ».
« Un certain nombre de désaccords nous ont amenés à prendre nos distances avec l’AfD », a-t-il indiqué. « Je note néanmoins que la pression électorale exercée par l’AfD en Allemagne a contribué à faire bouger les lignes au sein du gouvernement de M. Merz, puisque l’Allemagne a rétabli il y a quelques mois des contrôles à ses frontières. »

