- La Cour des comptes, début juillet, devrait épingler l’Etat et la région Bretagne pour leur gestion des algues vertes.
- En cause : trop de lenteurs et pas assez de résultats, alors que 300 millions d’euros ont été investis sur 15 ans.
- Alors, à quoi a servi tout cet argent public ? TF1 tente d’y voir plus clair.
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Il n’y a pas que pour le corps humain que les températures élevées sont une mauvaise nouvelle. Combinées à la concentration excessive de nitrates, le scénario est idéal pour la prolifération des algues vertes dans les eaux bretonnes. « Les enfants ne peuvent pas jouer à proximité, c’est dangereux »,
met en garde une habitante dans notre reportage, visible ci-dessus.
À l’air libre, leur décomposition dégage un gaz toxique, mortel lorsqu’il est très concentré.
Je trouve ça inadmissible, parce que quand même cela fait 40 ans que la sonnette d’alarme a été tirée
Je trouve ça inadmissible, parce que quand même cela fait 40 ans que la sonnette d’alarme a été tirée
Une habitante
Les premières marées vertes en Bretagne ont été observées il y a plus de 50 ans. En 15 ans, les pouvoirs publics ont investi 300 millions d’euros contre ce fléau. « C’est du gâchis économique ! Comment, après 16 ans de Plans ‘algues vertes’, a-t-on encore ça ? »,
témoigne un riverain, évoquant les amas d’algues vertes qui saturent les côtes. « Je trouve ça inadmissible, parce que quand même cela fait
40 ans que la sonnette d’alarme a été tirée
« ,
renchérit une autre face à notre caméra.
Où sont investis ces 300 millions d’euros d’argent public ? Ils financent le ramassage et le traitement des algues, l’installation de capteurs sur les plages pour alerter en cas d’un air chargé en gaz toxique…
Ou encore l’accompagnement des agriculteurs. Nos reporters ont rencontré Simon Le Rolland : cet éleveur laitier dans le Finistère perçoit chaque année 5.000 euros d’aide de l’État pour faire évoluer ses méthodes de travail. « Le changement le plus significatif, c’est tout ce qui va être la couverture des sols en hiver. Si les sols sont couverts en hiver, on va limiter le lessivage de l’azote et l’érosion des sols. Et si on garde les sols en bonne santé, on limite la fuite des nitrates dans l’eau. »
Un changement de la politique agricole, seule solution ?
Vu du ciel, Sylvain Ballu, spécialiste du suivi des algues vertes au Centre d’études et de valorisation des algues, observe pour TF1 que le travail n’est pas fini. « Les teneurs en nitrates dans les cours d’eau ont beaucoup évolué ces dernières années. Mais malgré tout, ce n’est pas suffisant pour garantir une absence d’algues vertes. Sur certaines baies, on pense qu’il faut descendre même jusqu’à 10 mg par litre d’eau. »

En Bretagne, le taux de nitrate atteint en moyenne 33 mg par litre d’eau. Pour les défenseurs de l’environnement et de nombreux scientifiques, seul un changement radical de la politique agricole pourrait mettre fin définitivement à ce que les locaux surnomment le « marais vert ».
Dans quelques mois, si les objectifs fixés ne sont pas atteints, les agriculteurs pourront être sanctionnés. L’addition de ces actions a néanmoins permis de diminuer les échouages d’algues vertes sur trois des huit baies concernées en Bretagne. Insuffisant, selon un rapport de la Cour des comptes révélé par nos confrères de Ouest-France
(nouvelle fenêtre), et qui doit paraître officiellement en juillet.
Pour les magistrats de la rue Cambon, la source du problème est claire : la pollution au nitrate est issue à 90%…de l’activité agricole.











