« C’est trop long. » Au lendemain de la grave agression d’une professeure par un élève dans un collège de Sanary-sur-Mer, le ministre de la Justice Gérald Darmanin reconnaît ce mercredi 4 février sur RTL des manquements dans l’institution judiciaire, qui aurait pu suivre le collégien plus tôt et peut-être éviter qu’il ne commette des violences.
Le jeune suspect était suivi par le tribunal pour enfants car il était « manifestement victime dans son domaine familial ». Il aurait dû avoir un rendez-vous avec la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) le 5 février, soit quatre mois après un signalement indiquant qu’il avait été victime de violences.
« Quatre mois c’est trop long, du fait de notre mauvaise organisation au ministère de la Justice avec les enfants victimes », reconnaît le garde des Sceaux.
« Notre travail, c’est d’être plus rapide »
Un rendez-vous avec la protection judiciaire de la jeunesse aurait-il permis d’éviter un drame? Si Gérald Darmanin refuse de faire des suppositions sur ce qu’il aurait pu arriver, il souligne qu’il est « évident » que la justice pourrait être « plus efficace » pour entendre un mineur victime de violence et ainsi « éviter qu’il ne reproduise des violences ».
« Cela ne prémunit pas tout, mais notre travail, c’est d’être plus rapide », soutient-il sur RTL.
Dans sa volonté de refonte du système judiciaire au global, Gérald Darmanin espère pouvoir « réduire ce délai à 15 jours, pour entendre ces enfants qui sont parfois eux-mêmes victimes avant de reproduire » des violences.
La professeure poignardée « dans un état stable »
La professeure d’arts plastiques poignardée par son élève est actuellement dans un « état stable », selon les dernières informations du ministère de l’Éducation nationale données mardi soir. Elle a été prise en charge avec un pronostic vital engagé après avoir été touchée de quatre coups de couteau devant sa classe.
Âgée de 60 ans, elle enseignait au collège La Guicharde de Sanary-sur-Mer depuis 28 ans. « Pourquoi faire ça à une prof’ qui était adorable? », se demande un élève de l’établissement au micro de BFMTV.
L’élève de troisième mis en cause est âgé de 14 ans. Il a été placé en garde à vue pour « tentative d’assassinat ». Jusque-là, il n’était pas connu des services de la justice, mais faisait l’objet de rapports disciplinaires au collège.
Article original publié sur BFMTV.com















