Avec notre correspondante à Johannesburg, Claire Bargelès
Les premières audiences publiques de la commission en novembre 2025 avaient été accueillies avec soulagement par les familles de victimes. La déception est donc très grande de voir tout s’arrêter à cause d’une procédure judiciaire pour forcer la présidente Sisi Khampepe, une juge à la retraite, à céder son siège.
Ces nouveaux retards sont impardonnables pour Nomonde Calata, dont le mari a été assassiné par la police de l’apartheid en 1985 : « Nous sommes fatigués et nous commençons à être vraiment âgés ! Nous exigeons la vérité. Et nous méritons la justice ! »
Les deux anciens présidents doutent de l’impartialité de la juge Sisi Khampepe, puisque dans les années 1990, elle avait siégé au sein du comité d’amnistie de la commission vérité et réconciliation. Cyril Ramaphosa a annoncé qu’il ne s’opposerait pas à son remplacement, s’il était ordonné par les tribunaux.
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« Les actions de ces ex-chefs d’État sont très troublantes »
Thembisile Simelane a beau être devenue ministre du Logement au sein du gouvernement, elle continue à porter la voix des proches de victimes en colère, en mémoire de sa soeur Nokuthula enlevée en 1983 par la police : « Les actions de ces ex-chefs d’État, soutenus par notre dirigeant actuel, en vue de stopper les travaux de la commission, sont très troublantes. Mais étant donné les premiers témoignages qui évoquent l’existence d’interventions politiques, tout cela n’est finalement pas très surprenant, en tout cas pour moi. »
On ignore si les audiences déjà réalisées resteront valides dans le cas où la justice viendrait obliger la présidente de la commission à se récuser.
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