Des Afghans se sont rassemblés mardi dans la ville d’Herat, dans l’ouest du pays, pour protester contre de nouvelles restrictions imposées aux femmes, la police démentant auprès de l’AFP l’usage d’armes à balles réelles pour disperser les manifestants.
A la suite d’un appel sur les réseaux sociaux, des dizaines d’hommes se sont rassemblés en réaction à une répression lancée trois jours plus tôt par la police des mœurs du gouvernement taliban, qui a arrêté des femmes ne portant pas le tchador ou la burqa, des vêtements qui couvrent entièrement le corps.
Les manifestations sont extrêmement rares en Afghanistan, où les autorités talibanes gouvernent selon une interprétation stricte de la loi islamique depuis août 2021.
Un manifestant de 33 ans — s’exprimant sous couvert d’anonymat auprès de l’AFP pour des raisons de sécurité — a indiqué que les forces de sécurité « ont utilisé des bâtons, des fouets et des armes à feu pour disperser la foule. Ils ont même tiré des coups en l’air ».
Ce dernier a assuré à l’AFP avoir vu des personnes blessées, ce que l’AFP n’a pas pu vérifier de manière indépendante. « Les gens sont extrêmement effrayés », a-t-il déclaré.
Interrogée par l’AFP, la police de la ville a nié l’utilisation d’armes, accusant les manifestants de chercher à « troubler l’ordre public ».
Un photographe présent au rassemblement a également indiqué à l’AFP avoir vu les forces de sécurité « frapper des manifestants et tirer des coups de feu en direction de la foule ». « D’après ce que j’ai vu, un nombre significatif de personnes ont été blessées ».
Le rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits humains en Afghanistan Richard Bennett s’est dit « alarmé par l’usage excessif de la force contre des manifestants apparemment pacifiques à Hérat », sur X.
Une troisième témoin a déclaré à l’AFP avoir vu des dizaines de personnes manifester en soutien aux femmes.
Des personnes « ont tenté de se rassembler et de créer des tensions sous prétexte de protester contre des questions liées au respect du code vestimentaire du hijab », a affirmé le porte-parole de la police d’Hérat Saeed Masoud Hussaini à l’AFP.
« Grâce à la présence rapide des forces de sécurité, la situation a été totalement maîtrisée et une escalade des tensions a été évitée », a-t-il dit.
Partout en Afghanistan, les femmes doivent être entièrement couvertes lorsqu’elles sortent de chez elles, nombre d’entre elles portant une longue abaya fluide, un voile islamique et un couvre-visage.
str-ash/rsc/kal/ial/











