Interrogé sur l’affaire Lyhanna, Édouard Philippe a estimé ce samedi 13 juin que le Parquet devait « rester sous l’autorité » du ministre de la Justice, et a même suggéré de revenir sur une loi de 2013, pour lui permettre de donner des « instructions individuelles ».
« Le parquet met en oeuvre la politique pénale, qui est une politique publique » et « doit rester sous l’autorité du garde des Sceaux », a déclaré dans un entretien au Parisien l’ex-Premier ministre, disant soutenir « totalement » le ministre Gérald Darmanin, sous pression.
Le candidat d’Horizons à la présidentielle a surtout jugé que le ministre de la Justice « devrait pouvoir donner des instructions individuelles » aux procureurs. Ce qui reviendrait sur une loi de 2013, portée par l’ex-ministre Christiane Taubira, qui a interdit à la Chancellerie les « instructions individuelles » pour éviter toute ingérence politique dans des dossiers.
Favorable à l’imprescriptibilité des crimes sur mineurs
La justice s’est retrouvée au coeur des critiques sur les défaillances ayant conduit à la mort de Lyhanna, 11 ans, au gré des révélations sur des plaintes pour viols sur mineures – certaines procédures ayant ensuite été classées – dont le principal suspect Jérôme Barella a fait l’objet.
Appelant d’abord à questionner l »organisation » au sein de l’État, la justice et les forces de l’ordre, le maire du Havre a aussi proposé certaines mesures. Notamment que chaque plainte donne « lieu à une évaluation », si nécessaire à des mesures de protection et que « quand il y a un risque », ce ne soit pas « à l’enfant de partir mais à l’adulte soupçonné ».
Il s’est aussi dit favorable à l’imprescriptibilité des crimes sur mineurs – à l’instar de son concurrent macroniste à la présidentielle Gabriel Attal -, et à l’augmentation des moyens de la justice, « au même rythme qu’aujourd’hui, voire plus ».
« L’important reste l’éducation des enfants, la formation des adultes qui les accompagnent »
Édouard Philippe a également proposé d’ouvrir le débat sur la possibilité pour les parents d’interroger la police, pour savoir si un adulte en contact avec leur enfant a des antécédents judiciaires, sur le modèle d’une loi britannique instaurée après l’enlèvement et la mort d’une enfant de 8 ans en 2000 (« Sarah’s law »).
Il a en revanche critiqué l’appel à « aligner le traitement des pédocriminels sur celui des terroristes », formulé par le patron de Renaissance.
« Ce parallèle traduit une forme d’incompréhension sur ce qu’est la pédocriminalité », a estimé Édouard Philippe: « la réponse pénale est cruciale mais l’important reste l’éducation des enfants, la formation des adultes qui les accompagnent » et « le sauvetage » de « l’aide sociale à l’enfance ».
Article original publié sur BFMTV.com




