Comment des médecins peuvent-ils ne pas réagir en apprenant qu’un de leurs confrères, qui opère des enfants, visionne des images pédopornographiques ? Cette plongée dans le huis clos des hôpitaux avait provoqué la sidération au procès de Joël Le Scouarnec, ex-chirurgien condamné en mai 2025 pour 298 crimes sexuels contre des patients mineurs essentiellement.
En effet, rien ne semble avoir entamé le sentiment de toute-puissance de la profession : ni l’arrestation du chirurgien en 2017, qui avait provoqué l’indignation publique, ni l’instruction très médiatique. Devant la cour criminelle de Vannes, il avait fallu menacer un médecin d’envoyer un fourgon de police pour l’obliger à venir témoigner à la barre. Le comportement d’un autre avait été si outrageusement insincère à l’audience qu’il avait été menacé d’une procédure pour « faux témoignage ». Aujourd’hui encore, malgré des auditions à l’Assemblée nationale en septembre 2025 sur les dysfonctionnements institutionnels, les pratiques peinent à évoluer.
C’est pour « réveiller les consciences » que l’association L’Enfant bleu a déposé, jeudi 15 janvier, une plainte déontologique devant le conseil départemental de l’ordre des médecins du Finistère (CDOM-29) contre trois de ses dirigeants, en poste à l’époque. « Il s’agit de mettre cette instance face à ses responsabilités : reconnaître que ses représentants, garants de la probité et de la moralité de la profession, ont failli à leur mission », explique Jean-Christophe Boyer, avocat de l’association.
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