Au cinquième jour de son procès pour le viol et le meurtre d’une jeune femme à Brive en 2022, Lucas Larrivée, en pleurs face aux témoignages des parents de la victime, a maintenu vendredi la thèse de « l’accident », sans « explication » pour l’étayer.
« Durant l’audience, je baissais la tête, j’ai honte. Même si c’est un accident, j’ai quand même tué quelqu’un. Quoi qu’on fasse, c’est irréparable. Ça a gâché la vie de Justine, de son fils, de sa mère de son père, de toute sa famille. Je ne me pardonnerai jamais… », a déclaré, en larmes, l’accusé.
La disparition de Justine Vayrac, 20 ans, mère d’un garçon de deux ans et en formation d’aide-soignante, avait été signalée le matin du 23 octobre 2022, peu après sa rencontre avec Lucas Larivée, un ouvrier agricole de 21 ans, dans une boîte de nuit de Brive-la-Gaillarde.
Le jeune homme est accusé d’avoir violé, étranglé et tué la victime après l’avoir emmenée chez lui dans la nuit. Depuis le début du procès, il plaide l’accident lors d’un jeu sexuel consenti ayant mal tourné, pour expliquer la mort de Justine Vayrac.
Mais, acculé par les questions de l’avocate générale et de la présidente, l’accusé a peiné à « expliquer » cette thèse.
Interrogé sur son invention, en début d’affaire, d’un tiers fictif pour se dédouaner des faits, l’accusé a répondu: « Je n’ai pas d’explications ».
Sur ce coup de coup de poing, qu’il reconnaît avoir donné à la victime ? « J’ai pas de moyen de l’expliquer », dit-il.
Pas plus sur cette deuxième relation dans le même lit deux heures après la mort de Justine, avec une seconde jeune femme, qui a déclaré à la barre avoir eu le « cou serré » par Lucas Larrivée. « Je ne sais pas. Je suis déconnecté. Je ne sais pas. Je n’ai pas d’explication ».
« Ça fait tellement de choses que vous ne pouvez pas expliquer, monsieur Larivée », lui a lancé l’avocate générale Emilie Abrantes, après avoir mis en doute la « sincérité » de ses larmes.
Auparavant, l’accusé avait fini par craquer en prenant la parole, le regard vers les parents de la victime, auteurs de témoignages poignants.
« J’ai passé des heures, la main sur le cercueil. Pendant deux ans, je suis allé tous les jours allumer une bougie sur la tombe de Justine, jusqu’à ce que mon corps lâche », avait raconté le père le matin.
Réquisitions et verdict sont attendus samedi.
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