mercredi, juillet 15

  • Mise en examen pour « association de malfaiteurs », la grand-tante de Grégory Villemin, Jacqueline Jacob, demande son annulation.
  • Elle sera fixée ce mercredi 15 juillet.

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Y aura-t-il une cinquième invalidation de poursuites dans ce dossier chaotique ? Quelque 41 ans après le meurtre de Grégory Villemin, Jacqueline Jacob, la grand-tante du garçon retrouvé ligoté dans une rivière des Vosges, espère obtenir ce mercredi 15 juillet une annulation de sa mise en examen dans ce dossier fleuve marqué par de nombreux égarements de la justice. 

Le 24 octobre 2025, Jacqueline Jacob avait été mise en examen pour « association de malfaiteurs », soupçonnée d’être un des corbeaux qui ont harcelé la famille Villemin. La grand-tante de 81 ans aurait notamment écrit la lettre anonyme qui a revendiqué l’assassinat de Grégory, retrouvé noyé à l’âge de quatre ans le 16 octobre 1984 dans la Vologne. « Voilà ma vengeance. Pauvre con », disait le courrier.

« Une farce »

Dès le début de l’enquête, les investigations pointaient du doigt la haine farouche que se vouaient les époux Villemin et les Jacob, famille de la grand-mère de Grégory. Déléguée CGT, Mme Jacob aurait été entendue en 1982 traiter de « chef de mes couilles » Jean-Marie Villemin, le père de Grégory. Contremaître à seulement 26 ans, la réussite de ce dernier suscitait des jalousies.

Bien que les Jacob n’aient cessé de démentir tout conflit, Jacqueline Jacob, dont l’époux Marcel est un frère de la grand-mère du petit garçon, avait été mise en examen en 2017 pour « enlèvement et séquestration suivie de mort ». Un an plus tard, les poursuites étaient annulées. Mais les accusateurs de Mme Jacob soulignent que cette annulation reposait sur un simple vice de forme et non un manque d’indices. De plus, estiment-ils, de nouveaux éléments ont, depuis, étayé les accusations.

Selon un arrêt que l’AFP a pu consulter, une expertise conduite en 2021 par un spécialiste suisse attribue à Mme Jacob non seulement la lettre du 16 octobre 1984 revendiquant le crime, mais également trois autres de 1983, dont une qui menaçait les Villemin en ces termes : « Je vous ferez votre peau » (sic). Mais, rétorque l’un des avocats de Mme Jacob, Me Frédéric Berna, « plus d’une vingtaine » de corbeaux ont été identifiés par les nombreuses expertises contradictoires de l’enquête.

Dénonçant « une farce », la défense de Mme Jacob demande l’annulation de cette nouvelle mise en examen devant les juges dijonnais en charge du dossier. Si elle obtient gain de cause, « ce serait la cinquième fois » que des poursuites sont annulées, calcule Me Berna en évoquant le « fiasco » de l’enquête : en 1993, la mère Christine Villemin a bénéficié d’un non-lieu après avoir été accusée d’être, elle aussi, un corbeau ; en 2018, outre la mise en examen de Mme Jacob, étaient également annulées celles de son mari Marcel, et de Murielle Bolle, belle-sœur d’un suspect, Bernard Laroche, qui a lui été tué par le père de Grégory.

I.N avec AFP

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