- La ministre de la Culture Catherine Pégard annonce l’envoi de deux circulaires visant à renforcer l’application des sanctions contre le délit d’entrave à l’expression artistique.
- Une décision qui fait suite à l’interruption du concert de la DJ Barbara Butch à Grenoble le 18 juillet.
- Dans cette affaire, l’artiste a déposé plainte contre La France insoumise pour provocation à la haine et à la violence
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Le gouvernement ne restera pas sans réponse après l’interruption mouvementée du concert de la DJ Barbara Butch à Grenoble. Souhaitant réaffirmer « l’état de droit comme rempart contre toutes les censures »
, la ministre de la Culture Catherine Pégard annonce l’envoi prochain de deux circulaires destinées aux préfets et aux magistrats du siège pour renforcer l’application des sanctions contre le délit d’entrave à l’expression artistique.
« Le délit d’entrave à un spectacle existe. Ceux qui empêchent un concert de se tenir peuvent s’attendre à des sanctions »
, déclare-t-elle dans un entretien accordé au Parisien
. Déjà mentionnées dans un plan publié en avril par le ministère, les deux circulaires doivent être cosignées, l’une par le ministre de l’Intérieur, l’autre par le ministre de la Justice.
Un plan interministériel dans les tuyaux
Outre les deux circulaires, Catherine Pégard évoque également son intention de renforcer la loi de 2016 relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine (LCAP), qui a instauré un délit spécifique en cas d’entrave, via un « plan interministériel »
. Ce dernier, présenté en avril, prévoyait d’émettre deux circulaires « pour rappeler le cadre juridique applicable et garantir une protection effective de la liberté de création sur l’ensemble du territoire ».
Le 18 juillet dernier, le concert de Barbara Butch à Grenoble a été perturbé par des militants pro-palestiniens et de La France insoumise qui reprochaient à la DJ sa participation en 2025 à un événement organisé à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël, et d’avoir signé une tribune en faveur de la proposition de loi Yadan, qui visait à « lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme »
, contestée et retirée depuis. « C’était inadmissible »
, estime la ministre qui avait reçu l’artiste quelques jours après l’événement.
Barbara Butch, qui a fait état de « jets de bouteilles en verre »
et autres projectiles « visant délibérément la scène »
, a depuis annoncé le dépôt de plusieurs plaintes, dont une contre La France insoumise pour provocation à la haine et à la violence. La municipalité de Grenoble a de son côté déposé une plainte contre X qui ne vise personne nominativement mais mentionne Allan Brunon, chef de file des Insoumis à Grenoble, qui a reconnu avoir organisé ce mouvement de protestation tout en niant les violences.
Figure des nuits parisiennes LGBT+, avec un univers musical électro-disco joyeux, Barbara Butch avait déjà été ciblée par un cyberharcèlement mêlant grossophobie, lesbophobie et antisémitisme après sa participation à la cérémonie d’ouverture des JO-2024. Elle est remontée sur scène le week-end dernier, lors d’un festival dans l’Yonne. Son concert s’est cette fois déroulé dans le calme, alors que le dispositif de sécurité avait été renforcé par les autorités locales.











