De notre correspondante à Santiago,
L’unité spécialisée avait pour but de centraliser les recherches afin de reconstruire l’histoire de milliers de familles déchirées par ces adoptions illégales. Elle impulsait notamment la recherche de documents dans les archives des hôpitaux, ou encore en créant une banque ADN pour croiser les données génétiques des enfants adoptés et celles des mères biologiques.
Fermeture d’une unité de recherches
Dans de très nombreux cas, les familles chiliennes ne disposent en effet que de très peu d’informations et ne savent pas comment s’y prendre pour retrouver leur enfant disparu. La fondation « Enfants et Mères du Silence », présidée par Marisol Rodriguez, leur vient en aide et c’est bien l’une des rares.
« L’État ne s’est jamais occupé de ces familles. Nous, ça fait de nombreuses années qu’on travaille avec les différents gouvernements pour avoir une unité spécialisée car il s’agit de crimes contre l’humanité, systématiques et orchestrés par des agents de l’État. C’est donc l’État qui doit faire les recherches, nous soutenir psychologiquement et révéler la vérité », explique la directrice de l’organisation chilienne.
L’unité, récemment ouverte, a été fermée quelques mois après que le nouveau président d’extrême droite José Antonio Kast est arrivé à la tête du pays en mars 2026. La douche froide, se désole Marisol Rodriguez : « Retour à la case départ ».
Coup d’arrêt sous la présidence Kast
« C’est horrible », se lamente quant à elle Rosa qui cherche son petit frère né le 23 mai 1969 à Santiago. Le personnel soignant de l’hôpital avait raconté à sa mère que son bébé était mort, sans que le corps ne lui soit jamais restitué. Un mode opératoire qui s’est répété pour des centaines de Chiliennes souvent pauvres et ayant accouché entre 1950 et 1990. « Je pense que ma mère a dû souffrir, ils l’ont trompée. Que justice lui soit rendue, ainsi qu’à nous et pour mon frère aussi qui est peut-être mort, je l’ignore encore ».
Le gouvernement soutient que la fermeture de l’unité est due à « une réorganisation du travail » et que les recherches se poursuivront. Mais les familles ainsi que la fondation « Enfants et Mères du Silence » restent perplexes et craignent surtout que le temps ne leur échappe car beaucoup de mères biologiques ont aujourd’hui atteint un grand âge et plusieurs sont déjà mortes sans savoir ce qu’il était advenu de leur bébé disparu.
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