- Timothée Chalamet épate encore dans « Marty Supreme », le film de Josh Safdie en salles en France le 18 février.
- Sa filmographie impeccable, sa passion pour la mode, son art du marketing… On vous explique comment il est devenu incontournable.
Sommes-nous arrivés au sommet de la Timothée Chalamet mania ? Toujours est-il qu’à 30 ans, l’acteur franco-américain jouit d’une notoriété unique parmi les jeunes talents de sa génération. De son premier grand rôle dans Call Me By Your Name
de Luca Guadagnino au Marty Supreme
de Josh Safdie qui pourrait lui valoir le premier Oscar de sa carrière en mars prochain, c’est aujourd’hui un personnage aussi brillant dans ses choix de carrière qu’inspiré dans la construction de son image publique. Au soir d’une semaine de promo intense à Paris, TF1info a tenté de décrypter le phénomène.
Un talent précoce
Fils du journaliste français Marc Chalamet et de l’ancienne danseuse américaine Nicole Flender, Timothée Hal Chalamet s’inscrit dans la pure tradition des enfants acteurs comme Hollywood les adore. Après une poignée de publicités et de courts-métrages, il fait ses débuts à l’écran en 2009 à l’âge de 13 ans dans la série New York Unité Spéciale
… où il joue un jeune garçon brutalement assassiné après une partie de console avec un copain de classe. Malgré ses résultats scolaires médiocres, Timmy, le vrai, est admis à la Fiorello H. LaGuardia High School, une prestigieuse école d’art de New York, après une audition qui a subjugué le prof de théâtre.
Diplômé en 2013, il passe brièvement par la case télé en incarnant le rejeton pas très sage du vice-président des États-Unis dans la série d’espionnage Homeland
avec Claire Danes. Avant son premier film majeur, le néo-classique de la science-fiction Interstellar
de Christopher Nolan où il interprète Tom, le fils de l’astronaute joué par Matthew McConaughey, parti dans l’espace sauver le monde. Le prodige raconte qu’à la sortie de l’avant-première, il a pleuré une heure après avoir découvert que son rôle était si court. Patience, patience.
Un acteur exigeant
Souvent comparé à Leonardo DiCaprio à ses débuts, Timothée Chalamet est un garçon cultivé qui préfère travailler peu mais bien. Lecteur de Call Me By Your Name
, le roman queer d’André Aciman à l’âge de 17 ans, il séduit le réalisateur de l’adaptation Luca Guadagnino qui lui confie en 2016 le rôle d’Elio, ce jeune garçon qui tombe sous le charme d’un homme plus âgé durant un été brûlant en Italie. À 23 ans, il décroche sa première nomination à l’Oscar du meilleur acteur. Il enchaîne avec Lady Bird
de Greta Gerwig, Hostiles
de Scott Cooper, My Beautiful Boy
de Felix Van Groeningen…
Après avoir privilégié les rôles dramatiques, il s’essaie au film historique avec Le Roi
de David Michod, à la comédie dans The French Dispatch
de Wes Anderson et Don’t look up
d’Adam McKay avant de retrouver Luca Guadagnino pour le film d’horreur cannibale Bones and all
. Il sait tout faire. Mais c’est en tournant coup sur coup dans Dune
de Denis Villeneuve et Wonka
de Paul King, deux immenses succès au box-office, que sa prometteuse carrière prend une nouvelle dimension. Désormais bankable
, tout lui est permis.
Un mec différent
À l’écran comme à la ville, Timothée Chalamet fait partie d’une nouvelle génération d’acteurs qui cassent les codes de la masculinité. Même lorsqu’il incarne Paul Atreides, le héros de Dune
, pas question de soulever de la fonte avant le tournage ! En assumant son physique androgyne, dans ses rôles à l’écran comme dans ses looks sur le tapis rouge, il ouvre un nouveau champ des possibles, à la fois pour ses collègues comédiens longtemps tenus à l’écart des grands rôles à Hollywood, mais aussi pour toute une partie du public qui ne s’identifiait pas aux archétypes machos du cinéma américain.
C’est ce mélange de fragilité et d’espièglerie qu’il met encore au service de son interprétation de Bob Dylan dans Un parfait inconnu
de James Mangold en 2024, sa deuxième nomination à l’Oscar du meilleur acteur à la clé. Et aujourd’hui à l’anti-héros tourmenté de Marty Supreme
, pas franchement sympathique, mais foncièrement irrésistible.
En se penchant d’un peu plus près sur sa filmographie, on s’aperçoit d’ailleurs que tous ses personnages ont un côté sombre et/ou ambigu, là encore à rebours des clichés.
Une icône de la mode
Avoir du talent est une chose. Soigner son image en est une autre. Désigné homme le mieux habillé au monde en 2020 par QG
, Timothée Chalamet fait de chacune de ses apparitions publiques un événement fashion
inoubliable, selon les goûts. Harnais Vuitton aux Golden Globes, costume à fleurs à l’avant-première de Beautiful Boy
, capuche sertie de diamants Swarowski à celle de The King
, dos nu pour la présentation de Bones and all
à la Mostra de Venise.. Qu’il porte la veste, le kilt ou la salopette, il ne passe jamais inaperçu !
Proche de Virgil Abloh, le regretté directeur artistique de la maison Vuitton, il est depuis 2023 l’égérie de Bleu de Chanel, succédant à l’acteur français Gaspard Ulliel. Après s’être fait confectionner un collier sur mesure de 900 pierres de couleur par Cartier, et des baskets par Nike, il s’est récemment associé au créateur californien Doni Nahmias pour développer une ligne de vêtements inspirée des balles de ping-pong orange qu’on peut voir dans Marty Supreme
. Ouvert cette semaine à Paris dans le cadre de la promo du film, le pop-up store attire les foules.
Un as du marketing
À la veille de Noël 2024, Timothée Chalamet débarque à l’avant-première d’Un parfait inconnu
en blouson de cuir, une frange blonde sous un bonnet bleu, s’inspirant d’un look que Bob Dylan avait lui-même arboré en 2003 lors de la présentation du documentaire Masked & Anonymous
. Une mise en abîme qui fascine les réseaux sociaux, désormais indispensables dans la communication d’un film à la sortie mondiale. Pour les besoins de la promo de Marty Supreme
, l’acteur est allé encore plus loin en « divulguant » la vidéo d’une conférence Zoom au cours de laquelle il pitche les idées les plus saugrenues à ses équipes comme repeindre la statue de la Liberté en orange…
Début décembre, un dirigeable orange a survolé Beverly Hills avant la première du film où la star et sa girlfriend, l’influenceuse Kylie Jenner, ont débarqué dans des tenues assorties… Cette stratégie est tout sauf anodine. Elle est à l’image de l’ambition du héros du film de Josh Safdie. Mais aussi de celle de sa vedette qui pourrait aller chercher son premier Oscar le 15 mars prochain, sur la scène du Dolby Theatre de Los Angeles. À 30 ans, il serait le deuxième plus jeune lauréat de l’Histoire après Adrien Brody qui avait 29 ans lorsqu’il a été primé pour Le Pianiste
de Roman Polanski en 2003.












