Les enquêteurs recherchant les causes de la collision de deux trains, qui a fait 45 morts dimanche, dans le sud de l’Espagne, travaillent sur « l’hypothèse » de la « rupture » d’un rail au niveau d’une soudure qui se serait produite juste avant la catastrophe, selon un rapport préliminaire publié vendredi 23 janvier.
Le drame s’est produit lorsque les trois dernières voitures d’un train de la compagnie italienne Iryo allant de Malaga à Madrid ont déraillé, se déportant sur la voie voisine quelques secondes avant l’arrivée en sens inverse sur celle-ci d’un train de la compagnie publique espagnole Renfe. Le choc s’est produit à plus de 200 km/heure.
L’hypothèse des enquêteurs part de la présence d’« entailles » sur les roues situées du côté droit des voitures du train Iryo qui n’ont pas déraillé. « Ces entailles sur les roues et la déformation observée sur la voie sont compatibles avec le fait que la voie aurait été fracturée », écrit dans ce document la Commission d’enquête sur les accidents ferroviaires (CIAF), organisme officiel dépendant du ministère des transports.
Acte de sabotage écarté
« D’après les informations disponibles à ce stade, on peut formuler l’hypothèse que la rupture du rail s’est produite avant le passage du train Iryo accidenté et donc avant son déraillement », poursuivent les enquêteurs.
Ils rappellent toutefois avec force qu’il ne s’agit que d’une « hypothèse de travail », qui « devra être corroborée par des calculs et des analyses détaillés ultérieurs ». « En ce qui concerne les causes de la rupture du rail, aucune hypothèse n’est écartée », affirment-ils.
Les enquêteurs précisent également que des encoches semblables ont été découvertes sur les roues de trois autres trains qui étaient passés au même endroit peu avant le drame. La cassure de la voie se serait produite au niveau « d’une soudure entre deux tronçons » de celle-ci, avancent-ils.
L’hypothèse d’un acte de sabotage a été écartée dès le départ par le gouvernement.
La publication du rapport définitif sur les causes de la tragédie n’est pas attendue avant plusieurs mois. Le ministre des transports, Oscar Puente, a affirmé qu’il s’agissait d’une « enquête complexe qui demande du temps » et un « examen exhaustif » de « l’infrastructure, du matériel roulant, des systèmes de sécurité et des conditions d’exploitation ».












