En entrant dans le lycée Michelet de Vanves (Hauts-de-Seine), on comprend tout de suite le problème. L’établissement est logé dans un bâtiment historique tout en longueur, entouré d’un parc arboré de 17 hectares. Il accueille autour de 2 300 élèves, du collège aux classes préparatoires. Comment faire respecter l’interdiction du téléphone dans un tel espace ? Le proviseur, Paul Baquiast, assume d’avoir pris une « mesure adaptée à [leur] situation » : depuis avril 2025, le téléphone est interdit dans les salles de classe – c’était déjà le cas avant –, mais aussi dans les couloirs, les escaliers, les vestiaires du gymnase et la cantine. Par contre, il est autorisé à l’extérieur. « Sinon, ça aurait été impossible », insiste Laura Penisson, assistante d’éducation (AED). L’équipe de vie scolaire, chargée de faire respecter l’interdiction, se compose de trois conseillers principaux d’éducation (CPE) et de 13 AED.
Le lycée a donc devancé les annonces gouvernementales, puisque le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, s’est déclaré favorable à une interdiction des téléphones portables dans les lycées en soulignant qu’il revient « au chef d’établissement d’adapter les choses à la réalité des pratiques et des usages, via le règlement intérieur », comme il l’a indiqué le 3 janvier dans les colonnes d’Ouest-France. L’interdiction des téléphones au lycée fait l’objet de deux textes distincts, émanant du gouvernement et des députés macronistes : la proposition de loi portée par la députée Laure Miller (Renaissance, Marne), qui prévoit l’interdiction du téléphone au lycée et des réseaux sociaux avant 15 ans, doit être examinée à l’Assemblée le 26 janvier. L’examen du texte porté par le gouvernement, lui, n’est pas encore programmé.
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