Sa gouaille, son béret savoyard et ses bottes de caoutchouc font partie du paysage, comme l’église néogothique dédiée à un moine évangélisateur, ou le tilleul classé arbre remarquable pour ses cinq siècles d’ombre. A Saint-Colomban-des-Villards (Savoie), Adrien Maurino a trop l’habitude des alpages pour que la petite épicerie du village où il avale son café croissant, vendredi 27 février, contienne sa voix.
Même sur le sujet le plus sensible ici, l’agriculteur y va sans détour. « Le ski gratuit sur nos pistes est une excellente idée. Je n’y croyais pas au début, mais on permet à des enfants qui n’auraient jamais skié de s’initier et l’argent économisé sur les forfaits est dépensé au village, se réjouit-il. Il suffit d’ouvrir les yeux pour s’en rendre compte. » Grégory Le Goff, alias « l’épicier », confirme. Il se dit « plutôt satisfait de sa saison », marquée par « une clientèle nouvelle qui vient de la vallée le mercredi et le week-end skier sur nos petites pistes ».
Le ski alpin, c’est la grande controverse dans ce bourg situé à 1 150 mètres d’altitude, dans la vallée des Villards, à deux pas du col du Glandon (1 922 mètres) ; le thème autour duquel se structure la campagne des municipales et plus largement la politique locale depuis un demi-siècle. C’est aussi la ligne de fracture entre les 150 villageois. A l’heure où le dérèglement climatique modifie profondément les hivers, la bourgade hésite entre se relier de nouveau au domaine des Sybelles, le quatrième domaine skiable de France, auquel le village donnait accès de 2003 à 2025 par des remontées mécaniques, aujourd’hui fermées faute de moyens pour les entretenir, ou rester avec ses trois pistes pour débutants gratuites, en poussant vers un autre développement.
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