Dans la grande salle de réception, si froide qu’on y grelotte, l’ancien ambassadeur de Birmanie à Londres reçoit sans coquetterie, en pull de laine et chaussettes de tennis glissées dans ses tongs. Kyaw Zwar Minn branche un radiateur d’appoint. « Je chauffe pour vous, sinon c’est trop coûteux », admet le Birman de 67 ans. La pièce a des allures de musée. Une harpe luit sous la lumière d’octobre. Des défenses d’éléphants ornent la cheminée. Les murs sont couverts d’aquarelles, la plupart signées de sa main, et de photos encadrées, parfois jaunies, réminiscences de l’époque faste où le diplomate rencontrait, dans le cadre de ses fonctions, la reine Elizabeth II ou le président Nicolas Sarkozy.
Brutalement évincé de son poste d’ambassadeur au Royaume-Uni en avril 2021, deux mois après le coup d’Etat militaire qui a démis la dirigeante Aung San Suu Kyi en Birmanie, Kyaw Zwar Minn s’accroche au peu qu’il lui reste : sa fierté, ses souvenirs et surtout l’imposante demeure, surnommée « Myanmar House » (« maison Myanmar »), qu’il occupe avec sa femme depuis sa nomination à Londres, en 2013.
Il vous reste 86.84% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.











