Face aux murailles de la Tour de Londres et à proximité de Tower Bridge, dans un des quartiers les plus emblématiques de la capitale britannique, se tient l’énorme ensemble du Royal Mint Court, avec sa façade à colonnes de style Regency et ses bâtiments adjacents de verre et de béton. C’est là que, jusqu’à la fin des années 1960, étaient battues les monnaies du Royaume-Uni. Des siècles plus tôt se trouvait une abbaye cistercienne, disparue avec la dissolution des ordres monastiques durant la Réforme anglicane, autour de 1540. Cette adresse prestigieuse et chargée d’histoire, située à la lisière de la City, fait depuis des mois l’objet d’une intense controverse.
La Chine a acquis le Royal Mint Court en 2018, avec l’intention d’y reloger son ambassade du quartier chic de Marylebone, devenue bien trop étroite, et d’en faire sa plus vaste chancellerie occidentale (environ 20 000 mètres carrés au total). Depuis, les oppositions au projet ont pris de l’ampleur, épousant les rapports fluctuants entre Londres et Pékin, faits d’intérêts croisés et de suspicion grandissante.
Le ministre du logement, Steve Reed, avait jusqu’au 10 décembre pour trancher sur cette « méga-ambassade », mais la décision a été repoussée, pour la troisième fois d’affilée, à janvier 2026. A en croire des fuites dans les médias nationaux, le gouvernement du premier ministre travailliste, Keir Starmer, aurait cependant déjà donné son feu vert. « Cela enverrait un message politique très problématique », estime Carmen Lau, 30 ans, figure du mouvement prodémocratie à Hongkong, réfugiée au Royaume-Uni depuis 2021.
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