Des frappes israéliennes sur la bande de Gaza ont fait neuf morts tôt mercredi 4 février, a annoncé la défense civile du territoire palestinien ; l’armée israélienne affirmant, de son côté, avoir mené des frappes après des tirs contre ses soldats qui ont grièvement blessé un officier.
Les violences meurtrières se poursuivent dans la bande de Gaza, en dépit d’un cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre, qu’Israël et le mouvement islamiste Hamas s’accusent mutuellement de violer.
Neuf personnes, dont trois enfants, ont été tuées et 31 blessées dans les frappes qui ont visé le nord et le sud de Gaza, a fait savoir la défense civile, organisme de premiers secours placé sous l’autorité du Hamas. Trois corps ont été transportés à l’hôpital Nasser de Khan Younès après des frappes qui ont touché des tentes et des maisons dans ce secteur du sud de Gaza, et six autres corps sont arrivés à l’hôpital Al-Shifa après des frappes sur la ville de Gaza, dans le nord du territoire, selon la même source.
L’armée israélienne a affirmé, de son côté, avoir mené des « frappes précises », après que des « terroristes ont ouvert le feu » sur les soldats, blessant grièvement un officier. Selon l’armée, l’incident s’est produit dans le nord de la bande de Gaza, près de la « ligne jaune », qui marque le retrait de l’armée israélienne d’environ la moitié du territoire, aux termes de la première phase du plan de Donald Trump, qui vise à mettre fin définitivement à la guerre.
Selon le ministère de la santé de Gaza, sous l’autorité du mouvement islamiste, au moins 529 personnes ont été tuées par des tirs ou des frappés israéliennes depuis le début du cessez-le-feu, tandis que l’armée israélienne dit avoir perdu quatre de ses soldats au cours de la même période à Gaza. Les restrictions d’accès imposées par Israël aux médias empêchent l’Agence France-Presse de vérifier de manière indépendante le nombre de victimes ou de couvrir librement les violences à Gaza.
32 morts dans les bombardement israéliens samedi
Samedi, des frappes israéliennes avaient fait 32 morts, selon la défense civile, l’armée israélienne affirmant avoir mené des bombardements en réponse à des violations du cessez-le-feu. L’Egypte et le Qatar, médiateurs entre Israël et le Hamas, avaient condamné les « violations répétées » par Israël du cessez-le-feu, appelant toutes les parties à « faire preuve de la plus grande retenue » à l’approche de la réouverture du poste-frontière de Rafah entre la bande de Gaza et l’Egypte.
Les frappes de mercredi se sont produites deux jours après la réouverture très partielle du poste-frontière de Rafah avec l’Egypte, qui a permis le passage de quelques dizaines de Palestiniens de Gaza dans les deux sens. L’émissaire américain Steve Witkoff, qui avait fait pression sur Israël pour qu’il autorise cette réouverture, a rencontré mardi à Jérusalem le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.
Alors que le passage de Rafah était fermé depuis mai 2024 par l’armée israélienne, cette décision d’ouverture était attendue de longue date par les Palestiniens de Gaza, les Nations unies et nombre d’ONG internationales, car la situation humanitaire reste dramatique pour les plus de deux millions de Palestiniens vivant dans la bande de Gaza.
La quasi-totalité des habitants ont été déplacés au moins une fois pendant les plus de deux ans de guerre, et des centaines de milliers de personnes vivent encore sous des tentes ou dans des abris de fortune.
La guerre à Gaza a été déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël. Cette attaque a entraîné la mort de 1 221 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’Agence France-Presse établi à partir de données officielles. Au moins 71 769 Palestiniens ont été tués dans le petit territoire côtier par la campagne militaire israélienne de représailles, d’après le ministère de la santé.
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