vendredi, juillet 24

Washington, ton univers impitoyable. À trois mois des midterms, les élections de mi-mandat au Sénat et à la Chambre des représentants, l’inquiétude monte dans les rangs de la droite américaine… et il y a de quoi. Donald Trump ne parvient pas à se tirer de la guerre en Iran qu’il a lui-même provoquée fin février. En plus d’être coûteux et de trahir l’électorat MAGA isolationniste, le conflit fait flamber les prix du pétrole (la barre des 100 dollars a été franchie ce jeudi 23 juillet) et le coût de la vie.

Alors que l’escalade verbale se poursuit entre Washington et Téhéran, le taux de désapprobation de Donald Trump concernant l’Iran atteint les 69 % dans le pays, selon un sondage Ipsos réalisé pour le Washington Post. Le pessimisme sur la guerre se double d’un pessimisme sur l’économie, près d’un sondé sur deux affirmant que la situation américaine « va empirer » au cours de l’année à venir. Ce chiffre a de quoi inquiéter, puisque le pouvoir d’achat sera l’une des questions clefs des midterms.

Pourquoi la nouvelle escalade avec l’Iran pourrait coûter à Donald Trump les élections de mi-mandat

Dans ce contexte, une partie de la droite américaine craint qu’une « vague bleue » déferle sur le Congrès en novembres. La star de Fox News, Laura Ingraham, s’est fait le relais de cette panique mardi, en adressant un avertissement au président américain, que vous pouvez réécouter ci-dessous. « À un peu plus de 100 jours des élections, le temps presse pour Donald Trump », a prévenu l’éditorialiste selon qui le locataire de la Maison Blanche « doit absolument mettre fin à cette escalade avant que les électeurs ne se rendent aux urnes ».

« Il faut qu’on en finisse »

Du côté du Parti républicain, le discours officiel se veut rassurant, mais plusieurs médias rapportent l’inquiétude de nombreux élus, qui craignent de perdre leurs sièges et que les démocrates récupèrent le contrôle d’une, voire des deux chambres. Cité par The Hill, le sénateur républicain de Caroline du Nord, Thom Tillis, a rappelé que la hausse des prix à la pompe aura des « conséquences économiques » pour les Américains, et que ces dernières « ont toujours des conséquences politiques ». « Nous nous attendons donc à des conséquences politiques en novembre », a-t-il reconnu.

Sous couvert d’anonymat, un sénateur républicain cité par un autre article du média basé à Washington se montre encore plus cash. « Les prix de l’essence sont élevés » et « c’est une grande source d’inquiétude » au sein du parti, a-t-il glissé, ajoutant que « personne ne veut émettre de critiques » de la ligne trumpiste à visage découvert.

Cité par USA Today, le patron républicain de la Chambre des représentants a tenté de ménager la chèvre et le chou lors d’une conférence de presse lundi. Fidèle au récit présidentiel, Mike Johnson a répété que mettre fin à la production d’uranium iranienne était un « objectif très important ». Mais l’élu de Louisiane, sans doute pressé par ses troupes, a aussi insisté sur la nécessité de trouver rapidement une issue à la guerre. « Il faut qu’on en finisse », a-t-il lancé.

« Nous nous préparons à un effondrement total »

Le ton n’est pas plus optimiste du côté du Washington Examiner, un média « conservateur » revendiqué. « Dire que la guerre inquiète certains candidats républicains est un euphémisme », assume le journal, qui donne la parole à un cadre du parti présidentiel. Pas rassuré – et pas rassurant – ce dernier martèle : « Je ne connais aucun stratège républicain ni aucune équipe de campagne qui pense que la poursuite des hostilités nous soit bénéfique. Aucun. »

L’angoisse a aussi gagné un autre expert républicain, cité par Politico et qui travaille précisément sur les midterms. « Nous nous préparons à un effondrement total », confie-t-il en affirmant que des districts dans lesquels Donald Trump avait une avance de plus de dix points lors de la présidentielle pourraient finir dans le giron démocrate. « Les Républicains n’ont plus beaucoup de marge de manœuvre pour redresser leur situation politique avant novembre », a-t-il prévenu.

Pire, Politico relate que l’angoisse gagne même l’entourage du président. « Ils n’ont aucun plan », tance une source proche de la Maison Blanche, elle aussi anonyme. D’après elle, le milliardaire républicain qui n’accepte pas de reconnaître un échec en Iran pourrait s’enliser toujours plus dans le conflit. Une intervention terrestre pourrait déboucher sur une guerre encore plus longue et « ruiner son second mandat », craint la même source, qui n’hésite pas à parler de « piège de l’escalade ».

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