- Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a incité, vendredi 23 octobre, les Cubains « qui veulent un changement positif » à se rapprocher de la CIA.
- Ce rare appel du chef de la diplomatie a suscité de vives réactions du côté de La Havane.
Suivez la couverture complète
Le second mandat de Donald Trump
Ajoutez TF1info à vos sources sur Google
« À ceux qui souhaitent apporter un changement positif à Cuba : c’est le moment ou jamais. »
Dans un appel extraordinaire, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a incité, vendredi 23 octobre, le peuple cubain à se tourner vers la CIA, sur fond d’intensification des pressions (nouvelle fenêtre) de Washington sur l’île communiste voisine.
« Face à la déception suscitée par les promesses non tenues, la corruption et le mode de vie privilégié d’une poignée de personnes, saisissez cette occasion de créer le changement que vous souhaitez grâce à un partenariat discret avec la CIA »
, a écrit le secrétaire d’État américain. La CIA a mis en ligne plus tard dans la soirée une vidéo (nouvelle fenêtre) sur le réseau social X avec des instructions en espagnol destinées à ceux qui voudraient fournir des informations à l’agence.
L’appel est détonnant à plus d’un égard, d’abord parce qu’il semble reconnaître que l’agence de renseignement américaine, à l’héritage controversé dans l’île communiste, est à l’œuvre et, ensuite, parce qu’il fait plus ou moins ouvertement référence à un changement de régime.
Cuba tacle le « désespoir » américain
« Il doit y avoir beaucoup de désespoir ou de misère dans les rangs de l’agence (américaine) pour qu’elle soit obligée de vendre ses offres comme un tube de dentifrice »
, a ironisé le vice-ministre cubain des Affaires étrangères, Carlos Fernandez de Cossio, sur la plateforme d’Elon Musk.
Les relations entre les États-Unis et Cuba, soumises à un embargo depuis 1962, se sont considérablement tendues, en particulier depuis janvier, quand Washington a renversé lors d’une opération militaire spectaculaire le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro. L’administration Trump a imposé de fait un blocus pétrolier à l’île, édicté de nouvelles sanctions contre des entreprises et des dirigeants cubains, et inculpé Raul Castro, le frère du défunt dirigeant historique Fidel Castro, dans une affaire remontant à 1996.
Cuba : pourquoi l’île est au bord de l’effondrement
Washington livre dans le même temps une bataille idéologique dont Marco Rubio, dont les parents sont d’origine cubaine, se fait le porte-parole, fustigeant le communisme et le soutien présumé de La Havane à des mouvements extrémistes de gauche, notamment aux États-Unis.
Donald Trump, qui estime que l’île, située à environ 150 kilomètres des côtes de Floride, représente « une menace extraordinaire »
pour la sécurité nationale, a plusieurs fois menacé d’en « prendre le contrôle »
. « On va faire une petite escale. En fait, ce qu’on va faire avec Cuba, c’est qu’on va rentrer d’Iran. Ces magnifiques navires passeront au large de Cuba. On demandera à l’un d’entre eux de s’arrêter à environ quelques mètres de la côte. Ils mettront les mains en l’air. Et ensuite, on enverra Marco Rubio pour conclure l’accord »
, a-t-il dit sur le ton de la plaisanterie depuis Fort Myers.
Réagissant à ces propos, Bruno Rodriguez, le ministre cubain des Affaires étrangères, a déclaré sur X « rejeter toute menace liée aux ambitions des États-Unis à l’égard de Cuba »
. « Notre littoral regorge de magnifiques plages, mais il est également parsemé de pics calcaires acérés comme des lames de rasoir, un environnement inhospitalier pour ceux qui parviennent jusqu’à nos côtes avec des intentions hostiles et une soif de domination »
, a-t-il répliqué.

