- Depuis les événements du samedi 17 octobre, plus de 900 personnes ont été jugées, 174 incarcérées.
- À Lyon, Bordeaux et Marseille, des journalistes du 20H de TF1 ont assisté à des audiences de comparution immédiate.
- Certains pilleurs, pris de remords, ont déjà rendu ce qu’ils avaient volé.
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Les comparutions immédiates s’enchaînent par dizaines au tribunal de Bordeaux, quelques jours après les dégradations et pillages survenus samedi 17 octobre en marge des manifestations. Un étudiant de 20 ans se présente à la barre : serveur à mi-temps, il n’a pas de casier judiciaire. Il est accusé d’être entré dans une résidence préfectorale pour commettre des dégradations, et d’avoir volé un drapeau. Devant les magistrats, il présente des excuses : « Je suis choqué par les événements. Je ne soutiens pas les dégâts. C’est la première fois de ma vie que je participe à une manifestation »
, confie-t-il, cité dans le reportage du 20H en tête de cet article.
Ses amis sont venus le soutenir : « Il ne s’est pas rendu compte de ce qu’il faisait en rentrant, il est rentré dans la foule. Il n’a rien cassé, il n’a rien fait qui soit vraiment dommageable, à part prendre le drapeau »
, affirme un jeune homme, devant les caméras du JT de TF1. L’étudiant est finalement condamné à six mois de prison avec sursis. Le parquet, qui a requis une peine plus lourde, annonce faire appel.
Des pilleurs rendent leur butin
Au tribunal de Marseille aussi, les prévenus tout juste sortis de garde à vue défilent à la barre. Le fils d’Antonia, âgé de 23 ans, a été interpellé avec deux sacs remplis de cartes Pokémon. Étant déjà connu de la justice, il a écopé d’un an de prison, dont six mois ferme, pour recel de vol. « En fait, il a été jugé comme les casseurs »
, estime sa mère. Pourtant, « il a regretté, il ne minimisait pas la situation, que ça ne se faisait pas, qu’il en avait pris conscience. Mais lui, dans l’euphorie… »
Passée l’euphorie, certains pilleurs vont jusqu’à rendre ce qu’ils ont volé. C’est ainsi qu’un cordonnier lyonnais, dont la boutique avait été saccagée et pillée samedi, a pu récupérer plusieurs de ses portefeuilles, rapportés à la police par les familles des voleurs. En début de semaine, il a même reçu la visite de deux femmes lui rapportant un sac, les larmes aux yeux : « Elles m’ont dit : ‘Ce n’est pas à nous, ça a été pris par nos enfants. Ils ne dorment pas de la nuit depuis deux jours. On vous le rend.' »
IM | Reportage TF1 : Lasslo GELABERT, Sarah FRANCESCONI et JO SACCAL

