- Le président français a assisté au « premier tir » d’exercice du nouveau missile M51-3.
- Lancé depuis le large du Finistère, l’engin, dépourvu de charge, a atterri dans l’Atlantique Nord.
- Entré formellement en service opérationnel il y a un an, il s’agit de la 3ᵉ version du missile mer-sol balistique stratégique M51.
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Emmanuel Macron a assisté aux premières loges, depuis le pont de la frégate Auvergne, à un tir d’exercice très attendu, au large du Finistère. Le missile M51-3, tiré depuis le sous-marin Le Vigilant et « suivi tout au long de sa phase de vol »
, est retombé dans l’Atlantique Nord, « à des centaines de kilomètres de toute côte »
, a précisé le ministère des Armées.
Il s’agissait d’un premier tir d’exercice, destiné en fait à confirmer la capacité du sous-marin nucléaire lanceur d’engins (nouvelle fenêtre) (SNLE) Le Vigilant
à mettre en œuvre cette nouvelle génération de missiles intercontinentaux, après son indisponibilité périodique pour entretien et réparations, a précisé le ministère.
Développé à partir de 2014, et formellement entré en service opérationnel il y a un an, il s’agit de la 3ᵉ version du missile M51, dont la portée est améliorée de plusieurs centaines de kilomètres. Le missile pourrait parcourir 10.000 km avec plusieurs charges, selon des estimations d’experts – sa capacité effective étant tenue secrète. Le principe de la lignée des missiles mer-sol balistiques M51 est de monter jusqu’à une altitude de plus de 2.000 km, pour revenir ensuite dans l’atmosphère à 20.000 km/h, précise le site de son maître d’œuvre (nouvelle fenêtre) industriel, ArianeGroup.
Jusqu’à 10 têtes nucléaires embarquées
Volant à plus de 1.000 km en altitude de croisière, le M51-3 est à même de toucher des cibles distantes les unes des autres au sol, l’espacement des têtes nucléaires permettant de couvrir une superficie de plus de 13.000 km² – et sachant qu’il peut embarquer jusqu’à 10. L’engin est par ailleurs équipé de la dernière version de tête nucléaire océanique (TNO-2).
Le M51-3 participe à la « crédibilité de notre dissuasion »
nucléaire, comme le souligne Emmanuel Macron dans une publication sur X. Considérés comme « l’ultime recours »
dans la stratégie militaire française, et réservés aux frappes de riposte, ils peuvent totaliser une charge embarquée équivalente à 70 fois celle qui avait rasé Hiroshima en 1945. De quoi envoyer « un message fort et clair »
, estime le président français, « partout où il [doit] être reçu »
.

