- Le principe d’une charte pour réguler l’accès au tour du Mont-Blanc est actuellement discuté.
- Depuis le Covid, « 50% de trekkeurs en plus » ont transformé la montagne.
- Ainsi, communes, refuges, guides ou transporteurs ont acté quelques principes communs.
- Un « règlement » salué auprès de TF1info par David Rodrigues, directeur de la Compagnie des Guides de Chamonix.
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Le Mont-Blanc crie « à l’aide »
. Dans un communiqué partagé sur X ce lundi 21 septembre, le maire divers droite de Saint-Gervais et président de la Communauté de communes Pays du Mont-Blanc, Jean-Marc Peillex, a annoncé que les maires et principaux acteurs de la montagne avaient acté le principe d’une charte pour réguler l’accès au Tour du Mont-Blanc, afin de « redonner des dispositions qui permettront de redonner toute sa valeur et toute sa tranquillité à ce superbe trek »
.
La fréquentation de ce parcours a explosé depuis la crise sanitaire, avec « 90.000 trekkeurs (par an), soit près de 50% de plus »
, précise le communiqué. Une affluence aux « conséquences négatives, voire désastreuses sur les propriétés, l’environnement, la sécurité et rendant de plus en plus difficile le travail des acteurs et des intervenants »
.
Ainsi, les communes françaises traversées par ce tour de 170 km, Vallorcine, Chamonix, les Houches, Saint-Gervais, les Contamines-Montjoie, Beaufort et Bourg-Saint-Maurice, ont acté des principes communs, en collaboration avec les gardiens de refuge, gîtes, campings, guides, transporteurs et services de l’État. Des règles regroupées au sein d’une charte en cours de construction, partagée en ligne par Jean-Marc Peillex et dont la signature est espérée pour la fin de l’année.
Brigades vertes, bivouacs encadrés et fin des longues files
« La volonté des élus n’est pas de restreindre l’accès aux refuges »
, nuance auprès de TF1info Daniel Rodrigues, directeur de la Compagnie des Guides de Chamonix. En effet, l’objectif de cette charte est de systématiser, sur la saison estivale, la réservation obligatoire des hébergements recensés, avec une « valorisation du rôle des accompagnateurs en montagne »
, se réjouit Daniel Rodrigues. « Des agences vendaient le tour du Mont-Blanc sans guide. Une concurrence déloyale et un véritable danger pour les trekkeurs »
, alerte-t-il, saluant la mise en avant par la charte des accompagnateurs, « dont le rôle est primordial pour profiter des conditions de randonnée idéales »
.
Le directeur de la Compagnie des Guides de Chamonix est également rassuré par le projet d’interdire le bivouac sauvage, au profit « d’un aménagement d’un confort minimum dans les aires de bivouac autorisées dans les communes concernées, dont la capacité sera fixée »
. Selon lui, « les bivouacs impactent l’écosystème. Une tente posée par-ci par-là de temps en temps n’a pas d’impact, mais c’est la répétition qui devient un problème »
, déplore-t-il en évoquant « les déchets, les défections, les rouleaux de papier toilette »
laissés sur place par les amateurs de bivouac.
La charte signe également la fin de l’acheminement de valises, au profit des seuls sacs de trek, ainsi que la création d’une « brigade verte »
chargée de « contrôler que les trekkeurs disposent bien de réservations, qu’ils adoptent les bons comportements et sont respectueux du site et de l’environnement »
. « Un véritable point positif pour l’environnement »
, jubile David Rodrigues, qui se languit de voir « la fin des files désagréables lors du tour »
, fréquenté par des randonneurs du monde entier.
Si le calendrier pour la mise en place de la charte de gestion du tour du Mont-Blanc est « serré »
, la finalisation de son écriture est prévue mi-octobre et sa signature par les collectivités territoriales et les partenaires sera organisée « avant fin 2026 »
, afin « d’être opérationnel au printemps 2027 »
, explique le maire de Saint-Gervais dans son communiqué. Comme le Mont-Blanc, d’autres sites ont pris des mesures de régulation similaires, à l’instar du parc national des Calanques, à Cassis, aux portes de Marseille, qui a mis en place un système de réservation en haute saison pour sa calanque de Sugiton, victime d’érosion.

