Avec notre correspondant de retour de Mora, Emmanuel Jules Ntap
Ce dimanche 20 septembre, sous des moustiquaires, plusieurs enfants sont sous traitement contre le paludisme. La salle du bloc pédiatrie affiche complet. « Capacité des lits : 18. Nombre de malades : 31. On envoie les 13 autres malades où ? s’interroge le docteur Abali Malloum, directeur de l’hôpital de district de Mora. En pédiatrie, les chiffres que j’avais le matin ont augmenté, samedi, on a dû ajouter encore dix matelas donc dix lits. »
Déplacés sans argent
La fréquence des consultations est en hausse dans tous les services y compris dans les urgences. « On enregistre beaucoup de cas par jour, nous avons des patients qui viennent pour des urgences de césarienne, des accidents sur la voie publique, et il y a des cas pour lesquels on doit intervenir rapidement », explique Limane Adam Djibrilla, infirmier major, chef du bloc opératoire.
Parmi ces patients, il y a des déplacés qui n’ont pas d’argent. La plupart affirment être partis de leur village, sans rien prendre. Ils reçoivent des soins gratuitement ainsi que leurs enfants âgés de 0 à 15 ans pendant la période du pic de paludisme.
« Zones d’insécurité »
« Les centres de santé qui sont implantés au niveau des villages, ne peuvent pas travailler parce que ce sont des zones d’insécurité », précise Baboua Yerima, chef du district de santé de Mora.
Il y a deux ans, le plateau technique de l’hôpital de Mora a été renforcé. Un nouveau bloc opératoire et un bâtiment postopératoire ont été construits par Médecins sans frontières. Mais cela reste encore insuffisant, dans une ville du Cameroun où la population est estimée à plus de 309 000 habitants. Quinze personnels médicaux de Médecins sans frontières viennent également en renfort pour faire face à l’afflux des patients.
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