Avec notre correspondant à Yaoundé, Richard Onanena
Des centaines de femmes et d’hommes ont manifesté, samedi 19 septembre, dans le centre de Yaoundé, à l’appel de la Jeunesse émergente et républicaine camerounaise (Jerc) contre les féminicides et les infanticides. Tout au long des quatre kilomètres du parcours emprunté par le cortège, des messages poignants avaient été affichés, manière pour les manifestants de crier leur ras-le-bol face aux féminicides à répétition dans le pays. Selon le ministère camerounais de la Femme et de la Famille, une soixantaine de cas ont en effet été enregistrés depuis le début de l’année dans le pays – et près d’une dizaine pour le seul mois d’août -, y suscitant une très vive l’émotion.
« Nous marchons pour dire « Non » aux féminicides et « Non » aux violences faites aux femmes. Les femmes ont le droit à la vie au Cameroun. Nous sommes fatiguées d’être tuées, fatiguées de voir nos enfants souffrir », lance ainsi une manifestante. « Nous voulons la criminalisation des infanticides. Nous voulons la pénalisation des féminicides. Nous militons pour que la Cedef [Convention pour l’élimination de toute forme de discriminations à l’égard des femmes et des enfants, NDLR] soit internalisée », renchérit Chantal Bika, juriste et militante, le pas alerte derrière la banderole du mouvement Vendredi rouge, une association qui milite pour les droits des femmes.
Dans le cortège, des hommes qui se sentent eux aussi concernés par la lutte contre les féminicides sont également présents, comme le chanteur populaire Koppo. « Nous sommes des pères, des frères, des maris et l’important, pour la plupart d’entre nous, en tant que chef de famille, c’est de montrer à nos femmes, à nos filles et à nos enfants que nous sommes de tout cœur avec eux », explique-t-il.

