Une grille d’évaluation de la maîtrise du français a été établie en vue de la notation des épreuves du brevet et du baccalauréat, pour que les élèves sachent combien de points ils perdront à cause d’un niveau insuffisant d’expression, a détaillé mercredi 16 septembre le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray.
« Une grille allant de ‘très insuffisant’ à ‘très satisfaisant’ a été définie, commune à toutes les disciplines. Grosso modo, si un élève a une mauvaise expression, il perdra d’office deux points quelle que soit la matière, y compris en mathématiques par exemple », a-t-il expliqué dans un entretien au Figaro.
« Ensuite, pour les disciplines ‘rédigées’, comme le français ou l’histoire-géographie, il est dit explicitement qu’une copie défaillante sur l’orthographe, la construction des phrases et l’organisation du propos ne pourra pas avoir la moyenne », a-t-il précisé.
« C’est une exigence désormais inscrite dans le marbre », assure le ministre.
« Le cadre avait besoin d’être clarifié et connu de tous. C’est pourquoi pour la première fois, un barème précis pour chaque épreuve du brevet et du baccalauréat est publié aujourd’hui », a ajouté le ministre ce jeudi sur X.
« On va remettre de la bonne exigence »
Depuis plusieurs mois, le ministre insiste sur l’importance de la maîtrise de la syntaxe, de la grammaire et de l’orthographe pour les élèves.
Il avait annoncé début mai, à quelques semaines seulement des épreuves du baccalauréat et du brevet, vouloir une notation plus sévère prenant en compte le niveau de français, dans toutes les matières. Mais le tour de vis annoncé n’a quasiment rien changé aux pratiques de notation.
« Cela a, de fait, été pris en compte dans des proportions inégales faute, sans doute, de précisions suffisantes », a-t-il reconnu dans les colonnes du Figaro, rappelant que « des professeurs comme des élèves ont fait valoir qu’ils auraient dû connaître les règles du jeu dès le début de l’année ».
L’Inspection générale a « donc travaillé sur des barèmes concernant sur la maîtrise de la langue, pour chaque discipline et pour chaque épreuve ».
« Cette grille permettra, de manière prévisible, préparée et universelle, de dire: ‘si vous ne savez pas vous exprimer correctement, ça vous coûtera X points’. Au bout d’un moment, la forme remonte à la surface: une expression très mauvaise et un vocabulaire inadapté traduisent une pensée de fond atrophiée », a résumé Édouard Geffray.
Des « sujets de référence » pour le brevet doivent par ailleurs être publiés « dans les prochains jours ». « Tout le monde a pu constater l’an dernier que les sujets de brevet étaient de plus en plus simples (…) L’objectif est que tous les professeurs commencent leur année en pouvant dire à leurs élèves: ‘Non, ce n’est pas moi qui suis trop exigeant. Ça, c’est le standard de l’épreuve », a assuré le ministre. « On va remettre de la bonne exigence. Ce n’est pas un gros mot ».
Article original publié sur BFMTV.com

